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La valeur économique de l'environnement

Comment mettre un prix sur ce qui n'a pas de prix? Il y a quelques années encore, l'environnement ne pouvait prendre pour l'économie que deux valeurs possibles : nulle ou infinie.

 

Autrement dit, les biens et services d'environnement que représentent, d'une part, les matières naturelles (minerais et autres ressources épuisables) et, d'autre part, les capacités de régénération et d'assimilation de la biosphère, ces biens et services porteurs d'énergie pour les processus économiques n'avaient pas de prix. Ils n'avaient pas de prix au double sens du terme. Soit ils étaient exploités comme des dons de la nature et entraient gratuitement dans l'économie, soit ils étaient protégés pour des raisons patrimoniales ou de rareté absolue et leur prix n'était pas mesurable. Par conséquent, évaluer l'environnement sous l'optique économique revient aujourd'hui à mettre un prix sur ce qui n'a pas de prix.

Il existe pour atteindre ce but plusieurs méthodes économiques. Nous les présenterons après avoir développé la notion de prix de l'environnement. Nous terminerons en abordant brièvement la question de la valeur de l'environnement à l'échelle des échanges entre nations.

La notion de prix de l'environnement

Dans son principe, la valeur économique de l'environnement passe par la révélation des prix non payés de l'environnement. Le choix des mots est ici important. Révéler des prix non payés signifie que ces derniers pourraient ou même devraient être payés et que, par conséquent, ils ne sont que sous-jacents. Cela signifie également qu'il existe une théorie économique de l'environnement qui fonde et donc autorise cette révélation.

Il existe en réalité plusieurs formes différentes de prix environnementaux qui, toutes, portent sur l'allocation de biens et services d'environnement rares. Ces biens et services sont à allouer d'une part dans l'économie et, d'autre part, entre l'économie et l'environnement. Autrement dit, il y a concurrence dans l'emploi de ces biens et services, concurrence qui est due à la rareté absolue ou relative des fonctions de l'environnement (eau, climat). Il y a tout d'abord une concurrence d'ordre économique : par exemple, l'emploi de l'eau se répartit entre production hydro-électrique, eau potable, eau d'irrigation, eau industrielle, voies fluviales, loisirs, etc. Il y a ensuite concurrence d'ordre écologique : toute l'eau ne peut pas être accaparée par des emplois économiques, mais doit aussi être réservée à des emplois écologiques liés à l'existence et au fonctionnement des écosystèmes.

La Valeur économique totale

Sur le principe toujours, la valeur économique de l'environnement dépasse donc la seule valeur d'usage des biens et services de la nature (leur valeur, dans l'immédiat, le service rendu) et doit intégrer la valeur attachée, soit à un usage futur, même optionnel, soit à un non-usage de l'environnement. Autrement dit, le prix économique observé des biens et services d'environnement n'est pas complet. Soit il est nul, et alors les biens et services d'environnement ne sont pas efficacement alloués, ni dans l'économie, ni entre l'économie et l'environnement. Soit il est positif (le prix de l'eau tel qu'il repose sur ses coûts d'exploitation), mais ne tient pas compte de l'environnement (capacités de régénération et d'assimilation, par exemple). Un prix incomplet (et donc une valeur incomplète) de l'environnement conduit à une surexploitation des ressources d'environnement, soit en termes de prélèvements sur le capital naturel, soit en termes de pollution du milieu naturel.

La Valeur économique de l'environnement suppose donc que soit adressée la Valeur économique totale (VET) des biens et services d'environnement. Celle-ci se compose, pour les agents économiques individuels, de trois éléments principaux :

 

VET= valeur d'usage,

+/- valeur d'option (usage futur optionnel)

+ valeur d'existence/intrinsè- que (non-usage)

 

La valeur d'usage est la valeur immédiate du bien ou service de l'environnement (eau de boisson, par exemple). La valeur d'option est la valeur placée sur un usage futur qui sera ou non réalisé. La valeur d'existence est la valeur placée sur le non-usage de l'environnement, par exemple un environnement que l'on conserve pour les générations futures. La valeur intrinsèque est la valeur attachée par les individus à des caractéristiques écologiques de cet environnement, par exemple à la présence d'espèces à conserver ou de particularités géomorphologiques.Fig 1

La Valeur économique totale désigne ainsi, dans le temps, l'usage et le non-usage de l'environnement par l'économie. Elle se rapporte aux biens et services d'environnement qui entrent dans l'économie comme facteurs de production, comme services (c'est-à-dire capacités de régénération du capital naturel ou d'assimilation des rejets de la production et de la consommation), ou encore directement comme biens de consommation. Il en découle que les biens et services de l'environnement doivent être alloués entre ces différents usages fig 1.

Ils doivent l'être moyennant signal de la part du marché. Ce signal, qui repose sur le concept de Valeur économique totale de l'environnement, se traduit par le prix de l'environnement dont nous voyons maintenant trois formes possibles.

Prix implicites

Les prix implicites relèvent de l'application de la théorie du consommateur à des problèmes d'allocation optimale des ressources sous contrainte. Le cas de figure est l'allocation optimale des ressources rares du marché entre les acteurs économiques, sous contrainte de budget financier. Lorsqu'on résout une optimisation sous contrainte des ressources disponibles, on associe à cette contrainte une variable qui donnera le prix de la ressource en question lorsqu'on fait varier la contrainte d'une unité (notion de prix marginal). C'est le prix implicite de la ressource, que révèle donc le processus d'optimisation, et qui se range au niveau des variables de décision privilégiées d'un modèle.

Dans leurs usages économiques, les biens et services d'environnement ne sont pas pris en compte à leur valeur marginale correcte. En introduisant alors des contraintes environnementales dans les modèles économiques d'allocation optimale des ressources, on peut calculer la valeur que l'environnement prend à la marge, soit son prix implicite.

Par exemple, si l'on place une contrainte sur l'accumulation des polluants de l'air afin de préserver la capacité d'assimilation de l'atmosphère, on obtiendra le prix implicite de la production, par l'économie, du service d'environnement "capacité d'assimilation des polluants atmosphériques". Ce prix à payer est pour l'économie le coût d'opportunité à polluer.

Plus généralement, si l'on décide de satisfaire aux recommandations de Toronto sur la réduction des émissions à effet de serre, le prix implicite trouvé sera le prix à payer pour user de l'environnement sans mettre en péril la stabilité climatique de la planète. Ce sera la taxe unitaire ajoutée au prix des biens économiques en cause. Dès lors, le prix du gasoil reflètera le prix de l'usage de l'environnement qui lui est attaché, par exemple au niveau de 100 dollars la tonne de C02 ou de 45 cents le litre de gasoline. Nous obtenons ainsi, dit autrement, la valeur du climat telle qu'elle est révélée par le calcul économique.

Révélation des préférences des individus

La valeur du climat comme service d'environnement peut aussi être obtenue par la révélation directe des préférences des individus. Différentes méthodes économiques s'y emploient que nous présentons plus bas.

Le principe est simple : on demande aux gens par questionnaires de "révéler" leur disponibilité à payer pour telle qualité de l'air ou de l'eau, pour que tel écosystème remarquable continue d'exister ou, au contraire, leur disposition à accepter telle compensation pour encourir telle diminution de la qualité de l'environnement ou telle atteinte à un écosystème donné.

L'hypothèse est que les individus vont se comporter vis-à-vis des biens et services d'environnement (qui sont par définition hors marché) qui leur sont présentés dans les questionnaires exactement comme ils le font à l'égard des biens économiques courants. Il en découle que les valeurs de l'environnement ainsi révélées ne sont que les prix qui existeraient si les biens et services de l'environnement avaient leur marché.

Par exemple, les individus sont prêts à payer six dollars par ménage et par an pour le bénéfice de la préservation d'une vue claire dans les Great Smoky Mountains ou dix dollars pour le bénéfice d'une journée de toux en moins à Los Angeles tableau 1.

Prix-intensités

Les prix-intensités renvoient aux prix que les environnementalistes ont pu établir en analysant les écosystèmes d'un point de vue quasiment économique. Les écosystèmes étant eux-mêmes confrontés à la rareté des ressources disponibles, certains chercheurs ont retenu l'idée de transposer en écologie la notion économique de prix qui, en l'occurrence, prend le même statut que celui d'une température ou d'une vitesse.

D'un côté, il paraissait intéressant pour les environnementalistes de savoir si le comportement de systèmes écologiques pouvait être décrit et prédit au moyen de descripteurs de nature économique. Plusieurs principes ont été proposés à ce titre dont celui d'intensité énergétique. D'un autre côté, dans leurs décisions politiques et économiques, les responsables de la gestion de l'environnement avaient besoin d'éléments quantitatifs afin d'évaluer l'impact des activités humaines sur les écosystèmes. En outre, les procédures purement économiques d'évaluation de l'environnement n'étaient pas satisfaisantes d'un point de vue écologique. Par exemple, une valeur d'existence ou d'héritage d'un écosystème reste vide de sens si l'on ne connaît pas les produits actuels et futurs de cet écosystème. Ces valeurs peuvent exprimer le fait que des individus sont prêts à payer pour qu'un écosystème soit conservé, mais le travail et le produit écologiques de l'écosystème resteront sourds à cette "volonté de payer". N'existerait-il donc pas une valeur autre qu'économique, intrinsèque, énergétique par exemple, pour l'environnement?

Cette question a souvent été posée, reprise et étudiée à nouveau. La réponse est cependant négative. Si l'on peut procéder à des analyses énergétiques de l'environnement, les prix-intensités que l'on en tire ne permettent toutefois pas de conclure à une valeur discernable (Amir, 1987). Les prix-intensités n'expriment de valeur qu'en termes d'une entité abstraite, l'énergie, qui est calculable, mais non mesurable. Formellement, on a : valeur = énergie = unité de compte abstraite. Il en découle une leçon importante : certes, l'homme est dépendant de contraintes physiques, mais il détermine lui-même ce qu'il "valorise"; il n'y a pas de "valeur" énergétique contraignante susceptible de diriger ses choix et sa politique.

Méthodes économiques d'évaluation de l'environnement

Le but des méthodes économiques d'évaluation de l'environnement est de suppléer au marché en révélant les préférences des individus à travers un marché "vert", vrai ou hypothétique.

Les unes travaillent directement, par exemple par questionnaire - c'est le cas de la Contingent Valuation Method (CVM), ou méthode des "enchères". Les autres interviennent indirectement, c'est-à-dire par le biais de quelqu'autre révélateur des préférences, par exemple via les prix de certains biens sur le marché dont l'environnement est considéré comme un attribut - une méthode représentative de cette catégorie est celle du Coût de trajet qui trouve son application dans l'évaluation du bénéfice de la visite de parcs naturels (elle se rapporte à ce que les individus ont été prêts à payer, en transport notamment, pour cette visite).

De manière plus fine, on peut répartir ces méthodes entre méthodes directes et indirectes suivant la manière dont les préférences sont révélées, c'est-à-dire par rapport à l'observation des comportements sur des marchés réels ou par rapport à la mise en place de marchés "verts" artificiels (au sein desquels les comportements, par définition, sont hypothétiques). C'est l'enjeu du tableau II.tableau II

Une méthode directe sera fondée soit sur l'observation d'un comportement sur un marché vrai : vote, marché parallèle, détermination du surplus du consommateur (ce que le consommateur révèle obtenir comme bénéfice en plus du prix payé lorsque le prix du marché est incomplet), soit sur un comportement déduit d'un marché hypothétique : questionnaire CVM servant à révéler la disposition à payer des individus pour telle amélioration de l'environnement.

A l'inverse, une méthode indirecte reposera soit sur des comportements que l'on aura déduits de l'observation de marchés vrais : par exemple les préférences pour l'environnement déduites des prix des terrains différenciés suivant la qualité de l'environnement de la région à laquelle ils appartiennent, soit sur des comportements postulés à partir de jeux d'allocation du budget financier des individus.

Ces méthodes reposent sur les hypothèses économiques suivantes (D'Arge, 1985):

- si les consommateurs sont rationnels dans leurs choix marchands, on suppose qu'ils se comportent de la même manière à l'égard des biens non marchands que sont les biens et services d'environnement auxquels on les confronte;

- si un marché "vert" existait pour ces biens et services, les mêmes prix que ceux obtenus par les différentes méthodes d'évaluation y seraient observés;

- les biens et services d'environnement sont en quelque sorte déjà affublés d'un prix implicite que les méthodes d'évaluation ne feraient que révéler;

- les consommateurs quels qu'ils soient sont capables d'identifier correctement et de la même manière les biens marchands et non marchands.

Si ces hypothèses valent pour l'ensemble des méthodes économiques d'évaluation de l'environnement, encore faut-il les considérer sur le plan de l'importance et de la validité de chaque technique comme sur celui de leur acceptabilité politique. C'est l'objet du tableau III tableau III. Par exemple, la méthode des enchères (CVM) couvre un champ plus vaste que la méthode du coût de trajet. Par contre, l'acceptabilité des méthodes directes et marché "vert" hypothétique est moindre que celle des méthodes indirectes et marché vrai.

Les termes environnementaux de l'échange international

Un aspect important de la valeur économique de l'environnement est encore trop négligé. Il s'agit de la question de la valeur de l'environnement dans les échanges internationaux. Par exemple, il est convenu, du point de vue des échanges économiques internationaux, qu'un pays bien doté en biens et services d'environnement bénéficie d'un avantage comparatif "vert" vis-à-vis d'autres pays moins bien dotés en environnement ou mieux à même de produire des biens manufacturés. Le premier échangera donc des biens et services d'environnement contre des biens économiques en provenance des seconds et, théoriquement, tous gagneront. Il ne s'agit pas ici seulement de ressources naturelles, mais également de services d'environnement comme la capacité de l'environnement à assimiler une pollution. Il faut bien comprendre que, par exemple, lorsqu'un pays industrialisé exporte ses déchets, il importe de facto des services d'environnement du pays tiers. Or le prix de ces services, comme celui des biens d'environnement, est soit nul, soit incomplet, ainsi que nous l'avons relevé. L'échange est donc inégal dans la mesure où il n'y a pas échange de biens économiques contre d'autres biens du même ordre. Odum et Arding (1990) ont ainsi montré que, sur une base comptable "verte", l'Equateur exportait six fois plus qu'il ne recevait dans les échanges internationaux. De la même manière, nous avons montré avec Odum (Pillet et Odum, 1984) que la Suisse importait trois fois et demi plus qu'elle n'exportait - gage de sa croissance économique.

Nous n'avons pas ici la place disponible pour développer cet aspect, mais nous voulions, en conclusion de cet article, attirer l'attention sur le fait que déterminer la Valeur économique totale des biens et services d'environnement dépassait les enjeux académiques et avait des conséquences jusque sur les termes de l'échange international avec lesquels nous sommes habitués de compter. C'est l'occasion aussi de souligner que l'analyse économique de la pollution à l'échelle internationale n'est pas perspicace si elle n'est pas environnementale dans ses fondements.

Plus généralement, la détermination de la Valeur économique totale de l'environnement et le paiement du prix complet des biens et services verts est au coeur des économies vertes à venir. La conséquence en est - il faut y prêter attention - que les biens et services d'environnement seront des biens et services économiques parce que nous les produirons et les considérerons comme tels. Nous produirons l'eau, l'air, le climat. Les fonctions de l'environnement, les biens et services verts, sont des biens et services économiques en devenir dans une économie écologique.

 

Prof. Gonzague Pillet

Institut des sciences économiques et sociales (ISES)

 

Pour en savoir plus :

AMIR: "Energy Princing, Biomass Accumulation, and Project Appraisal. A Thermodynamic Approach to the Economics of Ecosystem Management". In: G. Pillet and T. Murota (Eds), Environmental Economics The Analysis of a Major Intertace. Leimgruber, Geneva, 1987, pp. 53-108.

BARANZINI, A., "Analyse économique de l'environnement : orientations principales". In: G. Pillet (s.l.d.de), Environnement Economie. Analyse du rôle de l'environnement dans les macroprocessus économiques. Rapport au Fonds national suisse de la recherche scientifique #1.3768-0.86, Berne (Suisse), 1990, pp. 384-454.

D'ARGE, R. C., Environmental Quality Benefits Research for the Next Five Years: "Some Observations and Recommandations". Draft report, EPA-CR-808893-02-2. U.S. Environmental protection Agency, Washington, D.C., 1985.

GROSCLAUDE, P., SOGUEL, N. et STRITT, M.-A., "L'évaluation des nuisances du trafic routier en ville de Neuchâtel". Etude présentée

à la Conférence internationale Economie et environnement dans les années 90. Université de Neuchâtel (Suisse), 26 et 27 aout 1991, 21 p.

HOEVENAGEL, R., "An Assessment of the Contingent Valuation Method". Paper prepared for the Task Group 1 of the ESF (European Science Foundation) programme on Environment, Science and Society. Charmey-workshop, Febr. 14-17, 1991, Charmey, Switzerland.

MITCHELL, R.C. and CARSON, R. T., Using Surveys to Value Public Goods: The Contingent Valuation Method. Ressources for the Future, Washington, D.C., 1989.

ODUM, H. T. and ARDING, J., "Emergy Analysis of Shrimp Mariculture and Foreign Trade in Ecuador". Paper presented at the ISEE Conference The Ecological Economics of Sustainability. The World Bank, Washington, D.C., May 21-23, 1990.

PILLET, G., Comptes économiques de l'environnement. Office fédéral de la statistique et Société suisse pour la protection de l'environnement, Berne (Suisse), 1992, 200 p.

PILLET, G., "Prix non payés en écolologie et en économie de 1'environnement". Revue économique 41(2), 1990, pp. 321-333.

PILLET, G. et ODUM, M. T., E3 énergie, écologie, économie. Georg, Genève (Suisse), 1987, 276 p. Diffusé au Québec par DPLU, Montréal.

PILLET, G. and ODUM, M. T., "Energy Externality and the Economy of Switzerland". Swiss Journal of Economics and Statistics / Schweiz. Z.f. Volkswirt. u. Stat. 120 (3), pp. 409-435

 

 

fig. 1: la Valeur économique totale

Energie, transformité et émergie dans le vignoble genevois

Dans le canton de Genève, le vignoble recouvre 1300 ha, soit en superficie et en moût produit 9% du vignoble suisse. Comment déterminer alors la qualité de l'énergie nécessaire à cette production viticole?

Commencons par représenter au moyen d'un diagramme énergétique tous les flux énergétique du vignoble nécessaire à la production du vin : p.ex. le soleil, les pesticides ou encore le fuel utilisé pour les machines (tableau III, colonne 1). Puis calculons la transformité, soit l'indice de transformation énergétique qui situe dans une hiérarchie les différentes formes d'énergie: dans cette échelle le soleil est l'unité énergétique (=1 emJ par Joule: valeur des joules solaires incorporées en emjoules colonne 2).* La pluie a ainsi une transformité de 1.5 emJ/J. Enfin, l'émergie (embodied energy) cherche à établir une échelle de qualité des formes d'énergie (colonne 3). L'émergie est donc un véritable indice d'éco-énergie. Finalement, une production "verte" tâcherait de privilégier une bonne émergie des éléments naturels (1 à 5) plutôt qu'une haute émergie des fuels ou des engrais.

 

* Ce calcul est fondé sur les lois de la thermodynamique, le principe du maximum de puissance et le concept d'énergie incorporée

 


Universitas Friburgensis novembre 92

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