Prof. Jean Widmer
Domaine Sociologie et Médias
Université de Fribourg

 



Mme Vania Widmer

14 novembre 2007

Mesdames, Messieurs, Si je prends la parole aujourd’hui, c’est pour vous annoncer la publication d’un livre. Mon père était à l’hôpital lorsqu’il m’a demandé si j’étais d’accord de m’occuper de faire publier un recueil, un recueil regroupant ses meilleurs articles.

Etrange aventure que de lire les écrits de mon père aux lendemains de son décès. Un travail de mémoire qui m’accompagne sur le chemin du deuil.

J’ai d’abord fait sa bibliographie complète et j’ai rassemblé tous ses textes. Ils sont actuellement disponibles sur l’interface publique du département Socio et Média. La BCU, en particulier Monsieur Alain Bosson, s’est également proposée de recueillir les références complètes et de les tenir à la disposition des lecteurs.

En lisant les articles de mon père, j’ai été frappée par l’esthétique de certains titres, parfois également de certains phrasés. Quant au choix des textes et à l’articulation thématique du recueil, j’ai été aidée par le groupe de chercheurs que mon père a formés et qui connaissent bien son travail. Devant l’impossibilité de publier la totalité des articles, nous en avons retenus 19.

Il s’agit de montrer avec ce livre, l’originalité de la pensée de mon père. J’aimerais maintenant vous présenter brièvement le livre, présentation que j’ai faite avec l’aide d’Alain Bovet, de Julia Hedström et de Cédric Terzi.

Le livre sera décliné autour de trois axes de recherche emboîtés du plus restreint au plus large.

Le premier axe sera consacré au point de départ de sa démarche – l’analyse de discours. Mon père voyait le discours, que ce soit dans sa forme orale ou écrite, comme une pratique instituante, c’est-à-dire qu’il considérait le langage comme vecteur de la reproduction et de la perpétuation de l’ordre social, et donc des normes. C’est en ce sens que les pratiques quotidiennes définissent les modes de vivre ensemble d’une société, et par là contribuent à constituer des collectifs.

L’idée des collectifs nous amène à la deuxième partie du livre qui introduit la notion des médiations. Ce concept permet de dépasser la distinction entre micro- et macrosociologie. En effet, l’analyse énonciative lui sert non seulement à élucider des stratégies discursives des acteurs et des institutions, mais aussi, et surtout, à mettre à jour l’exercice d’une forme de médiation à travers laquelle se structurent les différents collectifs. La problématique des médiations est décisive parce qu’elle est le prolongement de la problématique des communications médiatiques qui était le pivot de son enseignement à l’université de Fribourg.

L’espace public forme le dernier axe de recherche, et c’est dans cette dernière partie que tous les liens se tissent. D’abord parce que l’espace public est le lieu où le caractère institutionnel du discours devient visible. Ensuite, parce que l’espace public défendu par mon père se caractérise par des médiations rationnelles, propres à une société démocratique, permettant ainsi l’auto-constitution du collectif par l’usage public de la raison.

La conclusion du livre reprendra le dernier article qu’il publia dont le titre est « La sociologie en tant que science rigoureuse ». Il s’agit d’un texte qui fait le bilan de sa recherche tout en proposant de nouvelles pistes de réflexions et en soulevant la question du but de la sociologie dans la société qui est la nôtre.

Le Professeur Louis Quéré de Paris nous fait l’honneur d’écrire l’introduction.

Dans la brochure distribuée aujourd’hui, vous trouvez le texte qui fait la conclusion du livre. Vous trouverez également mon adresse email et postale pour ceux d’entre vous qui désirent être avertis de la parution du livre.

Je profite de l’occasion qui m’est donnée ici pour faire part de toute ma gratitude à ceux dont l’aide m’a été précieuse : les Professeurs Rod Watson de Manchester, Louis Quéré de Paris et Esther Gonzalez ainsi que toute l’Ecole de Fribourg, Dunya Acklin Muji, Alain Bovet, Renata Coray, Philippe Gonzalez, Julia Hedström, Cédric Terzi.

Philippe Sormani, collaborateur pour plusieurs projets scientifiques, a accepté de traduire en français un article dont l’original est en allemand. Julia Hedström et Alain Bovet, respectivement assistante et chargé de cours, s’occupent de la traduction d’un texte dont l’original est en anglais.

La pensée de mon père reste présente à travers ce qu’ont pu hériter ses nombreux étudiants au cours des dizaines d’années d’enseignement, mais aussi à travers les collaborateurs qu’il a formé ou contribué à former.

J’ai senti chez eux un grand respect pour la pensée de Jean Widmer, tout en ayant gardé, je crois, un recul sain et nécessaire pour que la science continue d’avancer. Et en ce sens, ils sont un hommage vivant à la pensée de mon père. Je vous remercie.

(Vania Widmer , collaboratrice scientifique ‘projet publication’)


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