Prof. Jean Widmer
Domaine Sociologie et Médias
Université de Fribourg

 



Citations

« Faute de comprendre l'adversaire, deux issues semblent possibles : l'une, symbolique, consiste à envoyer encore plus de satellites, à lire encore plus de diagrammes, l'autre, indicielle, consiste à envoyer la troupe. Une troisième possibilité reste cependant : la traduction. Suspendre le temps, remettre le terme, faire le détour : commencer par comprendre – avant de prendre. »
Récit de la conquête et discours de la découverte : Réflexions sur la question de l’autre telle que posée par T. Todorov, 1992, p. 101.

« Deux négations déterminent l’orientation historique de ce qui est : ce qui n’est plus, ce qui n’est pas encore. En toute rigueur, la sociologie doit rendre compte des deux déterminations. »
Sociologie en tant que science rigoureuse, Conférence prononcée à l’occasion du Colloque La sociologie et la philosophie, Université de Lausanne, 27-28 janvier 2005.

« Si le sujet se constitue dans la parole, il en est de même des acteurs et des entités qui émergent dans le discours social »,
Espace public, médias et identités de langue. Repères pour une analyse de l’imaginaire collectif en Suisse, 1993, p. 19

« L’Etat joue un rôle particulier par rapport à l’imaginaire collectif. Il l’interprète dans le flux discursif entre lui et l’espace public. L’espace public est une forme d’énonciation collective supportée par des règles politiques et techniques »,
Espace public, médias et identités de langue. Repères pour une analyse de l’imaginaire collectif en Suisse, 1993, p. 26

« Toute action, pour être constituée comme telle, est constituée comme une action d’un certain type qui présente une direction spatiotemporelle et qui renvoie à des buts, des motifs, des moyens, des conditions »,
Espace public, médias et identités de langue. Repères pour une analyse de l’imaginaire collectif en Suisse, 1993, p. 28

« L’hétérogénéité du social est la condition de constitution de toute collectivité politique », Ordre des langues et ordre du politique.
Plurilinguisme et démocratie en Suisse, 2004, p. 157

« L’ordre du politique concerne l’existence sociale en tant que politique, donc en tant que liée à une collectivité »,
Ordre des langues et ordre du politique. Plurilinguisme et démocratie en Suisse, 2004, p. 158

« La passivité de l’action est une propriété de l’action en ce que celle-ci suppose toujours une « modalité de notre relation au monde ». Elle participe du moment instituant du monde commun. La relation passive au monde est ternaire, elle ne porte pas immédiatement sur le monde. Elle porte sur les médiations de la collectivité à elle-même »,
Ordre des langues et ordre du politique. Plurilinguisme et démocratie en Suisse, 2004, p. 158

« La langue d’une population est forcément liée et distincte de la collectivité qui l’a adoptée, elle participe de son « dédoublement », elle en est une médiation, un « point fixe », un trait de son architecture »,
Ordre des langues et ordre du politique. Plurilinguisme et démocratie en Suisse, 2004, p. 163

« La notion d’identité suppose que la collectivité existe comme unité pour ceux-là mêmes qui sont ainsi « unifiés ». L’identité collective est donc une opération qui d’un multiple réalise une unité par et pour ceux qui de gens « sans qualités » en deviennent ainsi des membres »,
Langues et configurations de l’espace public, 1996, p. 229

« Si le rapport aux langues configure le rapport au politique et aux médiations culturelles, c’est qu’il configure plus généralement la constitution de la collectivité comme acteur porteur de projets. De ce fait, la configuration du rapport à soi détermine également la structuration du temps et de l’espace »,
Langues et configurations de l’espace public, 1996, p. 230

« La Loi qui dit la collectivité n’est pas une loi au sens du droit, elle ne dit pas ce qu’il faut faire. Elle est une « norme performative », constitutive. Elle instaure un ordre symbolique, une prétention à « faire être ». Elle est ce qui « fait corps », l’opérateur qui fait d’une multiplicité une collectivité »,
Langues et configurations de l’espace public, 1996, p. 231

« La démocratie n’est pas un ensemble de procédures d’abord. Elle est d’abord la croyance dans la raison comme loi de la communauté »,
Langues et configurations de l’espace public, 1996, p. 232

« Il y a crise dans une science lorsque les scientifiques ont des doutes sur la validité des énoncés fondamentaux de leur discipline et sur les procédés qui permettent de conduire à de tels énoncés »,
Administration d’Etat, entre science et politique. Une analyse des efficacités des institutions publiques, 1997, p. 1

« Bien qu’issues de la société, les lois se placent en quelque sorte en surplomb de cette société et les constituent ainsi en sociétés politiques »,
Administration d’Etat, entre science et politique. Une analyse des efficacités des institutions publiques, 1997, p. 2

« L’Etat moderne est la forme qu’a pris l’autonomie collective. Cette autonomie suppose à la fois la différenciation entre les domaines du savoir, du pouvoir (politique et judiciaire) et de la production ainsi que leur interdépendance »,
Administration d’Etat, entre science et politique. Une analyse des efficacités des institutions publiques, 1997, p. 3

« De même que la bourgeoisie se distingue des seigneurs féodaux en ce qu’elle devient elle-même un moment de la production, de même l’Etat moderne se distingue de l’Etat théocratique en ce qu’il devient lui-même un moment de la production du social, tout en état séparé de lui de par sa logique »,
Administration d’Etat, entre science et politique. Une analyse des efficacités des institutions publiques, 1997, p. 4

« Il y a une dimension centrale de l’existence : nous naissons, aimons et mourrons dans la durée et non dans le temps « réel » abstrait »,
Administration d’Etat, entre science et politique. Une analyse des efficacités des institutions publiques, 1997, p. 6

« L’identité collective ne doit pas nécessairement se définir « latéralement », contre ou pour quelqu’un, elle peut aussi se définir « verticalement », dans le rapport collectif aux institutions communes »,
Administration d’Etat, entre science et politique. Une analyse des efficacités des institutions publiques, 1997, p. 9

« Limiter l’efficacité des institutions publiques au domaine instrumental signifie se condamner à adapter l’organisation et la force symbolique des institutions selon une logique unique, quitte à perdre tout lien avec le champ d’action propre de ces institutions – l’espace public »,
Administration d’Etat, entre science et politique. Une analyse des efficacités des institutions publiques, 1997, p. 16

« Tout acteur se transforme en même temps qu’il agit, qu’il accède à cette particularité précisément par l’action qu’il entreprend »,
Introduction Mémoire Collective, 1999, p. 10

« Analyser le « contenu » des discours, c’est révéler leur nature relationnelle. Il en est de même de l’analyse du pouvoir symbolique : sa nature relationnelle ne renvoie pas à ce qui est institué mais à ce qui institue : le lien symbolique »,
J-P Delamuraz prend position, 1999, p. 219

« Nous entendons par ordre politique les logiques discursives dominantes, les « concepts », qui permettent aux membres, dominants ou dominés, de rendre compte à leurs yeux de leur existence collective, de formuler leurs différends, de faire face à leur diversité ou à ce qui forme à leurs yeux un désordre »,
Constitution d’une Suisse plurilingue, Introduction, 2004, p. 2

« Il est aussi insensé de refermer l’étude des médias sur eux-mêmes dans une médiologie provinciale que de prétendre étudier les processus sociaux contemporains sans examiner la réalité qui leur est attribuée par les médias »,
Notes à propos de l’analyse de discours comme sociologie, 1999, p.207

« Il ne suffit pas de reconnaître que pour les membres existent des entités collectives. Il faut également montrer par quelles opérations de telles entités sont constituées »,
Moi Suissesse, j’ai épousé un Massaï, 2000, p. 170

« Comment les techniques utilisées par les gens pour se dire le monde et eux-mêmes influencent-elles ce qu’ils en disent ? »,
Le médium et son esprit, 1989, p. 95

« Les signes sont interprétés dans un savoir social, savoir qui englobe non seulement le savoir faire sémiotique, mais aussi le savoir sur le monde et les hommes d’une époque »,
Le médium et son esprit, 1989, p. 97

« Le discours n’est pas le texte. Il en est le sens »,
Le médium et son esprit, 1989, p. 101

« La rationalité des actions sociales n’a pas à être stipulée dans des cadres de référence culturels abstraits (et souvent réifiés). Ceux-ci apparaissent plutôt comme ressources ou comme modes d’emplois. Leur rationalité est observable dans les détails, et son observabilité peut être décrite »,
Que faire des descriptions sociales ?, 1985, p.51

« Il peut y avoir des sociétés plus ou moins holistes, plus ou moins réifiantes, etc. Rien de cela ne doit être décidé, tout peut/doit être observé dans les pratiques qui produisent et rendent ces sociétés observables comme telles sociétés par et pour les membres »,
L’ethnométhodologie comme sociologie de l’auto-institution du social, 1998, p.21

« Pour les membres d’une société, les « problèmes sociaux » existent en dehors d’eux comme des objets stables dont on peut parler. Cette stabilité est garantie en présence des « problèmes » par des procédures d’inférence et de typifications »,
Images de la drogue : aspects de la construction sociale d’une problème, 1993, p. 21


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