Daniel Schulthess, prof.
Avant Leibniz, la notion de phénomène comporte une dimension négative dans la philosophie de la connaissance: tant qu’on n’a affaire «qu’à des phénomènes», la connaissance est impossible. La notion de phénomène est tout particulièrement mise en exergue dans le scepticisme, comme le montre par exemple sa fonction dans l’œuvre de Sextus Empiricus: l’enquête se poursuit toujours sur ce qui est, sans jamais aboutir à une connaissance, et on en est réduit à ce qui apparaît. Il n’y a pas dans les phénomènes de quoi établir une connaissance: ils ne contribuent qu’à définir qu’une sorte de régie de la vie courante qui n’a pas un tel statut. – Avec Leibniz, un profond changement s’effectue: une bonne partie du corps des différentes sciences, à commencer par les mathématiques, consiste selon lui en une connaissance des phénomènes, dans la mesure où ceux-ci sont bien fondés (phaenomena bene fundata). On notera que l’idéalisme des Modernes (depuis Kant) est tout simplement inconcevable sans cette «révolution» intellectuelle. – Le but du cours – qui reprend les chapitres d’un livre en cours de publication – est d’établir les différentes raisons qui déterminent, dans la pensée leibnizienne, une approche de la notion de phénomène toute nouvelle par rapport aux prédécesseurs (notamment bien sûr Descartes).
Horaire : Université de Neuchâtel, Faculté des lettres et sciences humaines (au bord du lac), jeudi de 10 à 12 h., salle B.1.42 (alvéole de philosophie).
Début du cours : 27 octobre 2005
Fin du cours : 9 février 2006.
