La Mort de Commode

Tragédie de Thomas Corneille crée en 1657 et publiée en 1659 avec une dédicace à Fouquet.

En tant que pièce mettant en scène un tyran amoureux d’une femme sur laquelle il détient tout pouvoir, La Mort de l’empereur Commode présente des points communs avec la « scène du tyran » et l’ « élégie de la prisonnière » : deux scènes de cette tragédie (III, 2 et IV, 2) confrontent la jeune Helvie au tyran qui souhaite l’épouser et qui tente de parvenir à ses fins en menaçant de s’en prendre à son père Pertinax.

La tragédie de Thomas Corneille est en outre explicitement évoquée au sein des Nouvelles Nouvelles. Dans la « conversation des pointes ou pensées », p. 117, quatre alexandrins tirés de la sc. V, 7 sont reproduits (avec une légère erreur au premier vers : la citation débute par « ô dieux », alors que le texte original porte « vains dieux »). De même que les vers de Stilicon, autre tragédie du même auteur, cités quelques pages auparavant (p. 114), ils servent à fournir un exemple de pensée ingénieuse en apparence, mais inepte en réalité : le nouvelliste Clorante affirme y reconnaître une contradiction dans l’attitude de Commode qui, tout en admettant l’omnipotence des dieux, prétend choisir une autre mort que celle qu’ils lui ont réservée.

La mise en évidence de cette « faute considérable » (p. 118) est aussitôt compensée par l’éloge de la « grande expérience et prudence consommée » de Thomas Corneille. Il est vrai que, quelques semaines plus tard, dans la Défense du Sertorius de M. Corneille, achevé d’imprimer le 23 juin 1663, Donneau de Visé fera l’éloge du cadet des deux frères en rappelant que « nous avons vu plusieurs ouvrages de lui qui ont eu l'applaudissement de toute la France : Timocrate, Commode et Camma » (p. 9).

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