Madrigal

“Le madrigal est d’ordinaire une espèce d’épigramme, composée de vers inégaux pour la mesure et irréguliers pour la rime”.

La définition que propose Charles Cotin dans ses Œuvres galantes en prose et en vers, l’année même de la parution des Nouvelles Nouvelles, met en évidence les deux critères principaux qui caractérisent le genre « selon l’usage du beau monde » (Cotin, p. 470) – en d’autres termes, conformément à la pratique qui prévaut en France dans la seconde moitié du XVIIe siècle.

En mettant l’accent sur l’humour et sur la spontanéité, en dédaignant les contraintes de la rime, en cultivant la recherche de l’effet, en privilégiant en outre les sujets amoureux (“la galanterie est son principal emploi”, selon Cotin, p. 471), le madrigal s’affirme comme la création poétique par excellence de la culture mondaine

Le genre jouit d’une très grande vogue au moment où sont rédigées et publiées Les Nouvelles Nouvelles : les innombrables créations, proposées à l’oral en prétextant de la spontanéité, circulant ensuite sous forme de billets manuscrits, sont partiellement reprises dans les recueils imprimés de diversités, ou insérées au sein des fictions narratives mondaines.

C’est suivant ce modèle que Donneau de Visé accorde une place, dans sa nouvelle des « Nouvellistes », au « madrigal pour Julie » et au « madrigal de la tristesse ».

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