« L’Indiscret justifié » et « L’Indiscret condamné »

Au sein de la nouvelle des « Succès de l’indiscrétion » sont insérées deux pièces antagonistes, qui défendent des idées opposées sur le bien-fondé de l’attitude d’indiscrétion que cultive le héros Tisandre.

La première, intitulée “L’Indiscret justifié” (p.65sq), est présentée par ce dernier comme le résultat de ses propres réflexions couchées sur le papier. La pièce s’affirme comme un véritable manifeste en faveur de l’indiscrétion. Le dispositif textuel qui l’encadre est résolument promotionnel :

La pièce antagoniste, « L’indiscret condamné » (p. 75sq), est annoncée comme une réaction à cette vogue. Donneau en limite subtilement la portée. Il la présente comme l’émanation “d’une personne” (p. 74) qui n’est pas identifiée, et sa réception ne déclenche pas le même enthousiasme. Certes, « L’Indiscret condamné ne fit pas moins de bruit que “L’Indiscret justifié” en avait fait » mais ce « bruit » ne produit aucun effet décisif : « Cette pièce fut reçue comme toutes les choses du monde : les uns la louèrent, les autres la blâmèrent ».

Sous plusieurs aspects, ces deux pièces fonctionnent de la même manière que leurs homologues des tomes II et III des Nouvelles Nouvelles :