« L’Apologie de la jalousie »

Le second des deux textes insérés au sein de la nouvelle du « Jaloux par force » se distingue par les circonstances dans lesquelles il est proposé à la lecture. Certes, comme pour la plupart des textes que Donneau de Visé donne à lire dans ses Nouvelles Nouvelles, c’est à l’occasion d’un échange de « pièces » que cette apologie de la jalousie est soumise à l’héroïne. Mais si cette dernière l’agrée (et permet ainsi au lecteur d’en prendre connaissance), c’est parce qu’elle a elle-même été étroitement impliquée dans son élaboration. “Le bonheur des femmes qui ont des maris jaloux, ou l’apologie de la jalousie” se présente en effet comme la version rédigée d’une argumentation défendue par Clidamire lors d’une conversation (p. 51-52).

On ne s’étonnera pas, dès lors, que le texte offre de grandes similitudes avec les joutes oratoires qui, à la même époque, animent les Conférences académiques de Richesource. La question débattue dans le salon de la voisine de Clidamire pourrait fort bien être formulée ainsi : “Si la jalousie est un bonheur ou un malheur pour les femmes qui ont des maris jaloux ?”, sur le modèle des intitulés des séances richesourciennes (voir par exemple « Si la perfection de l’amour consiste dans la douceur de l’inclination pour la personne aimée ou dans l’empressement pour ses intérêts ? »). Le texte rédigé par Argante a, en effet, toutes les apparences d’un des “discours” mi-sérieux mi-ludiques par lesquels les orateurs en compétition dans l’académie s’efforcent de défendre la thèse dont ils se sont faits les hérauts. On y retrouve le goût pour le paradoxe (tout entier perceptible dans le titre), ainsi que la mise en oeuvre d’une démonstration qui n’hésite pas à recourir à des arguments cousus de fil blanc, l’essentiel étant de faire état de la virtuosité de l’orateur plutôt que de persuader véritablement le destinataire.

Selon les lois du genre, l’argumentation déployée dans l’’”Apologie de la jalousie” est dès lors à la fois controuvée, spécieuse et redondante. Donneau s’efforce avec désinvolture de défendre l’indéfendable en puisant dans les lieux communs que la fiction mondaine avait mis en circulation à propos des excès de comportement provoqués par la jalousie (L’Ecole des maris, L’Ecole des femmes et Don Garcie de Navarre de Molière lui fournissaient nombre de situations) ou sur l’interprétation à donner aux soupçons qui animent l’homme jaloux (dans ce cas aussi Don Garcie de Navarre s’avérait une ressource intéressante). Au reste, le sujet même de la pièce qu’avait rédigée Argante reprenait une question d’amour formulée par un des personnages des Fâcheux de Molière et qui avait donné lieu à l’énoncé d’une maxime dans Don Garcie).

Le second des deux textes insérés au sein de la nouvelle du « Jaloux par force » se distingue par les circonstances dans lesquelles il est proposé à la lecture. Certes, comme pour la plupart des textes que Donneau de Visé donne à lire dans ses Nouvelles Nouvelles, c’est à l’occasion d’un échange de “pièces” que cette apologie de la jalousie est soumise à l’héroïne. Mais si cette dernière l’agrée (et permet ainsi au lecteur d’en prendre connaissance), c’est parce qu’elle a elle-même été étroitement impliquée dans son élaboration. “Le bonheur des femmes qui ont des maris jaloux, ou l’apologie de la jalousie” se présente en effet comme la version rédigée d’une argumentation défendue par Clidamire lors d’une conversation (p. 51-52).

On ne s’étonnera pas, dès lors, que le texte offre de grandes similitudes avec les joutes oratoires qui, à la même époque, animent les Conférences académiques de Richesource. La question débattue dans le salon de la voisine de Clidamire pourrait fort bien être formulée ainsi : “Si la jalousie est un bonheur ou un malheur pour les femmes qui ont des maris jaloux ?”, sur le modèle des intitulés des séances richesourciennes (voir par exemple “Si la perfection de l’amour consiste dans la douceur de l’inclination pour la personne aimée ou dans l’empressement pour ses intérêts ?”). Le texte rédigé par Argante a, en effet, toutes les apparences d’un des “discours” mi-sérieux mi-ludiques par lesquels les orateurs en compétition dans l’académie s’efforcent de défendre la thèse dont ils se sont faits les hérauts. On y retrouve le goût pour le paradoxe (tout entier perceptible dans le titre), ainsi que la mise en oeuvre d’une démonstration qui n’hésite pas à recourir à des arguments cousus de fil blanc, l’essentiel étant de faire état de la virtuosité de l’orateur plutôt que de persuader véritablement le destinataire.

Selon les lois du genre, l’argumentation déployée dans l’’« Apologie de la jalousie » est dès lors à la fois controuvée, spécieuse et redondante. Donneau s’efforce avec désinvolture de défendre l’indéfendable en puisant dans les lieux communs que la fiction mondaine avait mis en circulation à propos des excès de comportement provoqués par la jalousie (L’Ecole des maris, L’Ecole des femmes et Don Garcie de Navarre de Molière lui fournissaient nombre de situations) ou sur l’interprétation à donner aux soupçons qui animent l’homme jaloux (dans ce cas aussi Don Garcie de Navarre s’avérait une ressource intéressante). Au reste, le sujet même de la pièce qu’avait rédigée Argante reprenait une question d’amour formulée par un des personnages des Fâcheux de Molière et qui avait donné lieu à l’énoncé d’une maxime dans Don Garcie).

[Liste récapitulative des fiches]