Médecine
Médecine et société


Illustration: Le professeur Mondor auscultant une patiente. Source: Archives Nationales. 

 

La figure du poète-médecin, XXe-XXIe siècles

Colloque International organisé dans le cadre du projet FNS « La figure du poète-médecin (XXe-XXIe siècles) : une reconfiguration des savoirs »

30 mars - 1er avril 2017 | Université de Fribourg, Suisse

Responsables : Prof. Alexandre Wenger, Julien Knebusch, Martina Diaz, Thomas Augais (Fribourg) 

Cliquez ici pour télécharger la brochure du colloque contenant le programme complet ainsi que les résumés des communications.

 

 

Programme

Jeudi 30 mars 2017
Lieu: UniFr, Pérolles, ch. du Musée 14, auditoire PER02.403

Conférence inaugurale: Thomas Hugh Crawford (Georgia Institute of Technology).

Session 1 – Pratiques poétiques en contexte professionnel

Vendredi 31 mars 2017

Session 2 – Le double Je du poète-médecin | Session 3 – Auscultations croisées: cénesthésies 

Session 4 – Poétiques du geste chirurgical | Session 5 – À l'écoute du vivant

Samedi 1er avril 2017

Session 6 – Approches interculturelles | Session 7 - Auscultations croisées: devant la douleur

 

 

Programme détaillé

JEUDI 30 MARS 2017

 UniFr, Pérolles, ch. du Musée 14, auditoire PER02.403

13h – Accueil

13h30 – Ouverture du colloque par Martina Diaz et Alexandre Wenger (FNS/Université de Fribourg)

 

CONFÉRENCE INAUGURALE

14h – Thomas Hugh Crawford (Georgia Institute of Technology) : Walking with William Carlos Williams: Medicine, Mobility and Poetry

Much has been written about how driving to visit patients inflected William Carlos Williams's work, but another form of mobility in his work – walking – has not been explored. His descriptions of walking move from the clinical to the aesthetic. This paper examines his complex depiction of walkers and as well as his own walking through cityscapes in some short poems, Paterson, and his translation of Phillipe Soupault's Last Nights of Paris.  

14h30 – Discussion

15h – Pause

 

SESSION 1 – Pratiques poétiques en contexte professionnel

 

Présidence : Thomas Hunkeler (Université de Fribourg)

15h30 – Paul Aron (Université Libre de Bruxelles) : La poésie professionnelle des pharmaciens aux XIXe et XXe siècles en France et en Belgique

Ma communication porte sur ce qu’un poète a appelé la « muse à l’officine » : les vers publiés par des pharmaciens en exercice qui évoquent leur métier. Je ne traite pas directement de la poésie scientifique ou publicitaire, ni des œuvres publiées par d’anciens pharmaciens. Le corpus recueilli se constitue principalement suite à la reconnaissance légale du titre de pharmacien et à la création de la Faculté de Pharmacie en 1803. Il se réduit fortement après la Seconde Guerre mondiale, suite à l’homologation légale des médicaments et au contrôle exercé sur leur fabrication, mais il connaît une importante période de transition entre les deux guerres lorsque de jeunes firmes pharmaceutiques en font un argument de publicité et de légitimation.

16h Katharina Fürholzer (Universität Münster) : Literarische Krankenakten als Metatexte zwischen ärztlicher und dichterischer Kunst

Krankenakten bilden gewissermaßen das schriftliche Herzstück klinischer Kommunikation. Doch inwiefern schreiben sie sich auch in das schriftstellerische Werk von Dichter-Ärzten – als Experten sowohl der ars medica als auch der ars poetica – ein? Und welche medizinethisch bedeutsamen Effekte könn(t)en solche ‚literarischen Krankenakten‘ wiederum auf Theorie und Praxis klinischer Sprech-, Denk- und Handlungsweisen haben?

16h30 – Hugues Marchal (Universität Basel) : La poésie des carabins : l’Anthologie hospitalière et latinesque de Courtepaille

Publiée en 1911 et 1913, l’Anthologie hospitalière et latinesque de Courtepaille, pseudonyme d’Edmond Dardenne Bernard, réunit des « chansons de salle de garde » et autres vers d’étudiants en médecine (les carabins), probablement composés entre 1850. Cette poésie, volontiers scatologique et grivoise, offre l’équivalent verbal des décorations des salles réservées aux internes. Comme ces peintures, elle est donc restée longtemps confinée aux cercles médicaux, non seulement parce qu’elle faisait des enfants d’Hippocrate autant d’érotomanes, mais parce que l’humour noir y raille les vertus associées au bon médecin. Si cette poésie carabine semble avoir constitué une sorte de canon honteux, méconnu du public mais familier aux médecins français qui, plus tard, feront officiellement œuvre de poètes, ses fonctions et sa littérarité potentielle méritent donc d’être examinées pour elles-mêmes.

17h – Discussion

17h30 – Pause

LECTURES
Bibliothèque Cantonale Universitaire de Fribourg, Rue Joseph-Piller 2, Fribourg

18h30 - Apéritif et visite de l'exposition en lien avec le colloque

19h – Textes de Yves Namur, Emmanuel Venet et Julie Delaloye lus par les auteurs

 

VENDREDI 31 MARS

SESSION 2 – LE DOUBLE JE DU POÈTE-MÉDECIN

Présidence : Hugues Marchal (Universität Basel)

8h30 – Julien Knebusch (FNS/Université de Fribourg) : « Henri Cazalis/Jean Lahor : la construction d’une figure du poète-médecin »

Entre deux consultations au domicile de ses patients à Aix-les-Bains, le Dr Cazalis (1840-1909), sous le pseudonyme de Jean Lahor, écrit des vers, comme par exemple les « quatrains d’Al-Ghazali » (1896), en se référant au célèbre mystique d’origine persane (1058-1111). Comment comprendre cette allusion voilée par l’auteur des quatrains à Cazalis, et comment envisager les relations entre le médecin thermal et le poète?? Cette figure du poète-médecin est-elle fraternelle, conflictuelle ou dissociée ?? En 1900, Henri Cazalis est un nom médical connu de toute l'Europe, c'est aussi un poète habitué des cercles de Leconte de Lisle et de Mallarmé. En explorant à la fois l’oeuvre littéraire, les textes médicaux et la correspondance de Cazalis, notamment avec Mallarmé, nous étudierons la construction d’une figure du poète-médecin à la fin du 19è siècle/début du 20è siècle.

9h – Jihen Souki (Université de Sousse) : Poésie et médecine dans l’œuvre de Lorand Gaspar: ouvrir le chant

Quel médecin est Lorand Gaspar ? Et quel poète est ce médecin ? C’est notamment à ces questions, renvoyant l’une à l’autre, qu’il s’agira de répondre, en essayant de saisir le lien, constitutif de l’œuvre de Gaspar, entre une certaine façon de pratiquer la médecine et de la concevoir et la présence, dans le texte poétique, de la médecine, présence qui s’avère déterminante dans l’évolution, en ce siècle, des rapports entre science et poésie.

9h30 – Discussion

10h – Pause

 

SESSION 3AUSCULTATIONS CROISÉES : CÉNESTHÉSIES

Présidence : Julien Knebusch (Université de Fribourg)

10h15 – Christophe Barnabé (FNS/Université de Berne) : Poème normal, poème pathologique : Henri Michaux, Jules Supervielle et l’adresse au médecin

Ce travail propose d’examiner le rapport qu’ont entretenu avec la médecine et ses acteurs deux poètes particulièrement à l’écoute de leur corps. Y seront abordés certains de leurs poèmes, souvent adressés à des médecins, dans lesquels est à l’œuvre un processus d’auto-observation qui mène à interroger le statut même de ces textes (poèmes, documents cliniques ?). On tentera par la suite de cerner, au niveau du style, les différences qui pourraient exister entre le poème « normal » et le poème dit « pathologique ».

10h45 – Yves Schulze (ENS-Lyon) : Antonin Artaud et Gottfried Benn: une poétique des symptômes et du diagnostic ?

Au cours du XXe siècle, le regard médical et son langage particulier deviennent des ressources de la création poétique. De quoi l’abondance de symptômes est-elle le signe dans la poésie avant-gardiste ? De quels diagnostics font-ils l’objet ? A travers une étude comparative de l’œuvre poétique d’Antonin Artaud et de Gottfried Benn de l’Entre-deux-guerres, nous nous interrogerons sur les enjeux et les ressorts stylistiques d’une écriture des symptômes, ces signes à la fois troubles et douloureux, tels qu'ils sont perçus par un poète-patient et un poète-médecin."

11h15 – Muriel Pic (Université de Berne) : Henri Michaux. ‘Le Poète est un grand médecin’

Dans « L’avenir de la poésie », conférence de 1936, Michaux écrit : « Le poète est un grand médecin ». C’est à élucider cette affirmation, émanant d’un poète qui débuta des études de médecine pour finalement renoncer à la carrière médicale, que se consacrera notre propos. Nous envisagerons ainsi, dans l’œuvre de Michaux, les enjeux d’une éventuelle poétique de la guérison fondée sur la pratique de l’auto-observation. C’est en effet dans ce même texte que Michaux, considérant tout à la fois ce que peut ou doit être l’avenir de la poésie, fait intervenir la notion de cénesthésie qu’il a découverte chez Théodule Ribot et son ouvrage Les maladies de la personnalité. Avec Michaux, la cénesthésie est une voie d’accès au domaine de l’écoute du corps, pratique intime et impersonnelle à la fois, forme de savoir archaïque et moderne, grâce à laquelle le poème devient une fenêtre ouverte sur cette région incommensurable où se forme l’impulsion des mots. Ainsi, nous formulerons aussi l’hypothèse que l’œuvre de Michaux, par-delà une poétique de la guérison, témoigne de l’émergence, au XXe siècle, d’une épistémologie de type cénesthésique.

11h45 – Discussion

12h15 – Repas

 

SESSION 4 : POÉTIQUE DU GESTE CHIRURGICAL

Présidence : Jean-Marie Annoni (Université de Fribourg)

14h – Jean-Philippe Rimann (Université de Fribourg) : Le bistouri du style

Dans son « Discours aux chirurgiens » (1938), Valéry affirme « qu’ « il y a plus d’un style chirurgical », certitude qui pourtant, concède-t-il, ne repose sur aucun savoir. Quel sens peut revêtir aux yeux du poète un tel a priori, qui est la littéralisation d’une formule venue de la critique littéraire, et quelles en sont les conséquences esthétiques ou médicales ?

14h30 – Danièle Leclair (Université Paris Descartes et Thalim-Sorbonne Nouvelle) :

Lorand Gaspar et ‘l’entretissage’ des savoirs

L’œuvre poétique de L. Gaspar – qui fut chirurgien pendant 40 ans – imbrique étroitement les sensations ou émotions du poète face au monde, avec son savoir littéraire et médical. Si l’œil et les gestes du chirurgien s’infiltrent dans les poèmes, c’est que L. Gaspar assigne à la poésie la tâche éminente de dépasser nos perceptions fragmentaires et de recoudre le corps du monde.

15h – Discussion

15h30 – Pause

 

SESSION 5 : À L’ÉCOUTE DU VIVANT

15h45 – Pauline Breton (Chercheur-associée, Bibliothèque nationale de France) : « La vie c’est l’équilibre » : morale biologique et espérance terrestre dans l'œuvre de Georges Duhamel (1912-1961)

Georges Duhamel demeure sans conteste l’une des incarnations les plus reconnues de la figure du médecin-poète au cours de la première moitié du XXe siècle. L’interdépendance de la connaissance scientifique et de l’exploration poétique du monde doit répondre à sa quête d’une métaphysique de substitution, et remédier ainsi à son « agnosticisme désespéré ». L’ambition de cette communication est de démêler l’écheveau des interactions de la poésie et de la biologie dans l’évolution de la pensée d’un humaniste soucieux d’alimenter des sources d’espérance dans le cadre d’afflictions collectives et individuelles extrêmes. Nous verrons notamment comment la contemplation intuitive du vivant a progressivement mué en une philosophie morale hybride.

16h15 – Jean-Yves Debreuille (Université Lumière – Lyon 2) : Lorand Gaspar, approche du vivant

Pour Lorand Gaspar, poésie et chirurgie semblent avoir partie liée. Il s'agit de se sentir en équilibre entre agir et penser, de participer à la vie, celle qu'on tente de préserver, mais la sienne propre aussi. Plus l'acte se complique, moins il y a de réponse univoque. Il constitue un accomplissement dans l'espoir d'une maîtrise qui s'abolit dans son geste de préhension. Parallèlement,  la photographie, telle le carré chirurgical, isole un fragment découpé dans une totalité qui a par ailleurs sa raison d'être, traversé d'une lumière qui le déborde, et constitue aussi une tentative de capter le vivant sans le borner.

16h45 – Discussion

17h15 – Pause

17h30 – TABLE RONDE (durée 1h)

Modération : Béatrice Schaad Noble (Directrice du service de communication du CHUV)
Avec Julie Delaloye (médecin, poète), Yves Namur (médecin, poète), Emmanuel Venet (psychiatre, écrivain).  

19h30 –  Repas au restaurant « Le Gothard », rue du Pont-Muré 16 (pour les intervenants dans le colloque)

 

SAMEDI 1er AVRIL

Lieu: UniFr, Pérolles, Pavillon Vert du Jardin 

 

8h30 – Accueil, café

 

SESSION 6 : APPROCHES INTERCULTURELLES

Présidence: Muriel Pic (Université de Berne)

8h45 – Valérie Bucheli (Université de Genève) : Segalen médecin du fils de Yuan Shikai : ce que la médecine occidentale fait aux relations littéraires franco-chinoises

En 1912, pendant les troubles politiques qui mènent à la proclamation de la République de Chine, Segalen soigne durant plusieurs mois le fils du futur dirigeant chinois, Yuan Shikai. C’est l’occasion pour lui de réfléchir au rôle de la médecine dans les relations interculturelles franco-chinoises – au point que, dans chacun des deux projets romanesques auxquels il est occupé alors, Le Fils du Ciel et René Leys, il rédige une scène dans laquelle des médecins, chinois et occidentaux, sont présentés devant l’Empereur souffrant. Une étude du rôle de ces représentations de la médecine dans les conceptions de l’altérité de Segalen, lors de ce moment méconnu de sa double carrière, permettra d’enrichir notre vision de l’auteur des Cliniciens ès-Lettres.

9h15 – Thomas Augais (FNS/Université de Fribourg) : Parole meurtrie, parole réinventée : poésie, aphasie et blessure coloniale dans l’œuvre de Jean Métellus

Jean Métellus (1937-2014), appartient à la diaspora haïtienne contrainte à l’exil par la dictature des Duvalier. Remarqué par Maurice Nadeau, qui publie son premier recueil, Au pipirite chantant, en 1973, salué par André Malraux et ami de Michel Leiris, il n’a pourtant consacré à la poésie que ses nuits, réservant ses journées à la médecine. Professeur au collège de médecine des hôpitaux de Paris, spécialisé dans les troubles du langage, disciple d’Alajouanine, Jean Métellus a assumé jusqu’au bout la double postulation du poète-médecin. Comment appréhender dans sa globalité cette œuvre à la fois scientifique et littéraire, qui cherche une articulation entre neurologie, linguistique et poésie ? Quel lien se tisse entre les troubles du langage et les troubles politiques d’un pays, Haïti, auquel le poète tente de redonner une voix ? Nous chercherons à répondre à ces questions en interrogeant la résonance particulière que l’attention portée par Jean Métellus aux troubles langagiers, donne à cette « haute maladie » (Pasternak), par laquelle le poète réagit aux convulsions historiques.

9h45 – Discussion

10h15 – Pause


SESSION 7 : AUSCULTATIONS CROISÉES : DEVANT LA DOULEUR

Présidence: Alain Schaffner (Université Sorbonne Nouvelle-Paris 3)

10h30 – Dagmar Wieser (Université de Zürich) : André Breton, la neuropsychiatrie et l’économie de l’attention

Médecin assistant dans un centre de neuropsychiatrie de guerre, A. Breton fut confronté à des combattants polytraumatisés, victimes du shell shock. Il mit alors au point des procédés d’écriture – le surréalisme – à l’aide desquels ce tableau clinique se trouvait à la fois répercuté et mis à distance. Se référant à Freud, Breton croyait « sauver » le sens (inconscient), mais faisait allégeance à son insu au théoricien de la pulsion de destruction. Ce théorème, inspiré par l’observation du syndrome de stress post-traumatique, se situe à l’orée d’un champ d’études ayant pour objet l’« économie de l’attention ». Celle-ci apparaît aujourd’hui comme un enjeu à la fois artistique, neurologique et économique invitant au dialogue des disciplines.

11h – Anne Gourio (université de Caen) : Les Feuilles d’Hôpital de Lorand Gaspar: pratique citationnelle et dialogisme médical

Les manuscrits des Feuilles d’hôpital de Lorand Gaspar recueillis à l’Institut mémoire de l’édition contemporaine (IMEC) laissent affleurer une constante d’écriture entrant en corrélation étroite avec l’éthique du médecin-poète. Accompagnant et soutenant une pratique médicale souvent contrainte par l’urgence et saisie par le doute, ces notes fragmentaires se présentent sous la forme d’un tissage de citations très variées. Un espace de dialogues s’y dessine, dont on montrera qu’il offre un laboratoire autant qu’une caisse de résonance de la relation au patient.

11h30 – Emmanuel Venet (Psychiatre et écrivain) : Henri Michaux, explorateur de lui-même

Après s’être engagé dans une classe préparatoire aux études de médecine, Henri Michaux a opté pour une vie de poète et de voyageur. Explorateur passionné des ressources de la langue, il n’a jamais rompu avec une fascination pour l’intimité de son corps (en particulier de son corps malade) et des zones extrêmes de son psychisme, visitées sous hallucinogènes. De la médecine, il a dit avoir gardé « une sorte de goût ou de nostalgie » qui nous servira de fil rouge.

12h – Discussion

12h30 – Conclusion et verrée de fin de colloque


COMITÉ SCIENTIFIQUE:

  • Thomas Hugh Crawford, Professor of Science, Technology, and Culture, Georgia Institute of Technology.
  • Thomas Hunkeler, Professeur à l’Université de Fribourg, Président de l'Association Suisse de Littérature Générale et Comparée.
  • Danièle Leclair, Maître de conférences, Université Paris Descartes et UMR Thalim - CNRS / Université Sorbonne nouvelle.
  • Hugues Marchal, Professeur de littérature française à l’Université de Bâle.
  • François-Bernard Michel, Professeur (H) de Clinique du CHU de Montpellier, Président (H) de l'Académie Nationale de Médecine et de l'Académie des Beaux-Arts de l'Institut de France.
  • Muriel Pic, Professeure de littérature française à l’Université de Berne.
  • Alain Schaffner, Professeur de littérature française à la Sorbonne Nouvelle, Directeur de l'UMR THALIM.
  • Florian Steger, Universitätsprofessor und Direktor des Instituts für Geschichte und Ethik der Medizin  an der Martin-Luther-Universität Halle-Wittenberg.
  • Emmanuel Venet, Psychiatre et écrivain.



Manuscrit du Prof. Charles Richet, La Gloire de Pasteur, Paris, Académie des Sciences, 1914. © Bibliothèque de l’Académie nationale de médecine.

 

 

 

 

Archives

Appel à contributions

Ce colloque, organisé dans le cadre du projet FNS  « La figure du poète-médecin (XXe-XXIe siècles) : une reconfiguration des savoirs », cherchera à montrer que, malgré le déclin de la « poésie scientifique », les échanges entre poésie et médecine sont restés fructueux et générateurs de connaissances nouvelles après 1900. Il s’agit d’explorer les voies inédites qu’emprunte le dialogue entre les poètes et les médecins dans une période caractérisée non seulement par l’éclatement des écoles esthétiques, mais aussi par une accélération inédite des progrès de la recherche biomédicale (biologie, médecine moléculaire, médecine génétique, neurosciences). Ce dialogue sera envisagé à partir de la figure du poète-médecin, qui peut englober :

1) Des poètes reconnus qui possèdent également une culture médicale, qu’ils soient praticiens (comme Segalen, Durtain, Duhamel, Gaspar, Métellus), ou formés partiellement à la médecine (comme Saint-John Perse, Aragon, Breton ou Michaux).

2) Des poètes reconnus qui possèdent des liens intellectuels étroits avec la médecine et ses acteurs (comme Supervielle, Valéry ou Claudel), ou des médecins qui entretiennent un rapport privilégié avec la poésie (Mondor, Alajouanine).

3) Des médecins élaborant en marge de leur activité professionnelle une œuvre poétique, reconnue ou non par le canon littéraire.

Il s’agit d’aborder la constitution des savoirs poétiques et médicaux de façon concrète, en associant une lecture des œuvres et une étude des trajectoires, des lieux et des réseaux de poètes-médecins aux XXe et XXIe siècles. Le colloque contribuera à établir une cartographie permettant de mesurer des moments de cristallisation ou au contraire de relâchement dans les liens entre poésie et médecine.

Les communications pourront aborder en particulier les axes suivants :

  • La figure du poète-médecin, entre culture médicale et culture littéraire : complémentarité ? Tensions ? Posture du locuteur et analyse de la réception.
  • Panorama des rapports entre la poésie et les progrès biomédicaux aux XXe et XXIe siècles (en particulier les moments de cristallisation tels que les contextes de guerre, contexte postcolonial ou certaines évolutions significatives du paradigme biomédical : code génétique, neurosciences).
  • La figure du poète-médecin au cœur des réseaux et institutions. Congrès internationaux, académies, laboratoires, associations, revues médico-littéraires : évolutions depuis 1900.
  • Transferts culturels entre médecine et poésie : aspects scientifiques, pédagogiques, heuristiques.
  • Dimension thérapeutique de l'œuvre poétique (notamment en rapport avec une pensée du trauma).

 

Les propositions de contribution (Titre et résumé de 15 à 20 lignes accompagnés d’une bio-bibliographie d’une demi-page), sont à envoyer au plus tard le 25 septembre 2016, simultanément à Martina Diaz (martina.diaz@unifr.ch) et à Thomas Augais (thomas.augais@unifr.ch). Les communications (25 minutes) seront prononcées en français, en allemand ou en anglais.

 

Illustration: Le professeur Mondor auscultant une patiente. © Archives Nationales. 

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