Geld und Geist

Unireflets * 30.08.2007 

Als Jeremias Gotthelf 1843/44 seinen gleichlautenden zweiteiligen Roman schrieb, hat er nicht an die Budgetfragen einer Universität zu Beginn des 21. Jahrhunderts gedacht. Doch Gotthelfs Beobachtungen sind keineswegs veraltet: Der Streit um das Geld führt zu Verstimmung und Entfremdung, zu «Groll und Gram», zerstört Frieden und Freundschaft, verdüstert die Atmosphäre... Kommt uns das nicht bekannt vor?

Geld und Geist: Der Titel könnte unverändert über vielen der jüngsten Beitrage zur Bildungspolitik in einer ökonomisierten Gesellschaft stehen. Geist kostet Geld, Bildung fordert Investitionen – das ist nicht zu leugnen und wird notgedrungen anerkannt. Die Schweiz kann sich rühmen, einen überdurchschnittlich hohen Anteil ihres Bruttoinlandprodukts für Bildung auszugeben. Für die Periode 2008-2011 sollen die Aufwendungen des Bundes für Bildung, Forschung und Innovation um 6 % wachsen. Das Interesse konzentriert sich auf die Frage: Wie macht man den Geist wieder zu Geld? Hier konstatieren marktorientierte Fachleute ein Defizit und wünschen sich ein günstigeres «Input-Output-Verhältnis ». Geist ist «Erfindergeist», der zu «erfolgreicher Vermarktung des Neuen» dient – so nachzulesen in einem Artikel der NZZ über «Orientierungsprobleme in der Bildung» (4.8.2007). Der Diagnose schliesst sich der Therapievorschlag an: «Auf Hochschulstufe gäbe es Marktsignale, die sich gut zur Orientierung und Disziplinierung eigneten: kostengerechte Studiengebühren. Diese Kostenbeiträge gäben Hochschulen mehr Spielraum für unternehmerische Eigenständigkeit und würden zudem die heutige Privilegierung der Studenten zulasten der ‚normalen’ Berufe verringern».

Lange galt es als eine Errungenschaft des modernen Sozialstaates, Güter wie Bildung, Gesundheit, Kultur etc. nicht vollständig den Marktgesetzen zu unterwerfen und so für breite Bevölkerungskreise zugänglich zu machen. Die Universität Freiburg verweigert nicht den «verantwortungsvollen Umgang mit dem Geld» (NZZ). Doch sie sollte der monistischen Reduktion der Kriterien des Geistes auf die Logik des Geldes nicht folgen. Praktisch gesehen: In den künftigen Debatten über «kostengerechte Studiengebühren» wird sich die Universität Freiburg für eine sozialverträgliche Politik der Studiengebühren und gegebenenfalls für eine Neuordnung der Studienfinanzierung einsetzen. Jede Universitätsleitung mag sich über mehr Spielraum für unternehmerische Eigenständigkeit freuen. Die Rechnung dafür sollten aber nicht diejenigen zahlen müssen, die ihr Studium zum Teil durch eigene Arbeit finanzieren müssen oder deren Eltern sich den Mehraufwand einer längerfristigen Unterstützung nur mit Mühe leisten können.

Der Roman «Geist und Geist» für das 21. Jahrhundert ist noch nicht geschrieben. Hoffentlich trägt er auch dann – wie bei Gotthelf – den Untertitel «Die Versöhnung», und sei es um den Preis einer anspruchsvolleren Konfliktkultur.

 

L'Argent et l'Esprit

Unireflets * 30.08.2007 

Quand Jeremias Gotthelf a écrit en 1843/44 les deux tomes de son roman intitulé «L’Argent et l’Esprit», il ne pensait pas aux questions budgétaires d’une université au début du 21ème siècle. Pourtant les observations de Gotthelf ne sont en rien obsolètes : la querelle autour de l’argent conduit au désaccord et à l’aliéniation, à la rancoeur, détruit la paix et l’amitié, assombrit l’atmosphère... Un refrain qui ne nous est malheureusement pas inconnu.

L’Argent et l’Esprit : le titre pourrait rester inchangé pour de nombreuses publications actuelles à propos de la politique de formation dans une société régie par les lois économiques. L’esprit coûte de l’argent, la formation exige l’investissement – on ne peut le nier, on est forcé de le reconnaître. La Suisse peut se flatter de dépenser pour la formation un montant de son produit intérieur brut supérieur à la moyenne. Pour la période 2008-2011, les sommes investies par la Confédération dans la formation, la recherche et l’innovation devraient augmenter de 6%. L’intérêt se concentre sur la question suivante : comment parvenir ensuite à transformer de nouveau l’esprit en argent ? Les experts du marché constatent ici un déficit et souhaitent un «rapport input-output» plus favorable. L’esprit, c’est «l’esprit novateur» qui sert au «succès de la commercialisation du nouveau» – selon un article de la NZZ sur «les problèmes d’orientation dans la formation» (4.8.2007). Au diagnostic se joint la proposition thérapeutique : «Au niveau des hautes écoles, il y aurait des signaux du marché appropriés à l’orientation et la discipline : des taxes d’inscription adaptées aux ressources. Ces contributions offriraient aux hautes écoles davantage d’espace libre pour développer une autonomie entrepreneuriale et diminueraient par ailleurs les privilèges des étudiants par rapport aux métiers dits ‘normaux’.»

Pendant longtemps, le fait que les prestations comme la formation, la santé, la culture ne soient pas soumis aux lois du marché a été considéré comme un acquis de l’état social moderne, qui permettait ainsi à de larges cercles de la population d’y accéder. L’Université de Fribourg ne refuse pas «de manier l’argent de façon responsable » (NZZ). Mais elle ne devrait pas accepter la réduction moniste des critères de l’esprit en faveur de la logique de l’argent.D’un point de vue pratique , dans les futurs débats sur «les taxes d’inscription équitables», l’Université de Fribourg s’engagera pour une politique sociale des taxes d’inscription et le cas échéant pour la réorganisation du financement des études. Chaque direction universitaire peut se réjouir d’obtenir davantage de marge de manoeuvre pour développer une autonomie entrepreneuriale. La facture ne devrait cependant pas être payée par ceux qui financent partiellement leurs études par leur propre travail ou par des parents qui ne peuvent supporter qu’avec peine le surcroît de dépenses d’un soutien à long terme.

Le roman «L’Argent et l’Esprit» n’est pas encore écrit pour le 21ème siècle. Espérons qu’il porte aussi - comme chez Gotthelf - le sous-titre «La réconciliation », même si cela doit être au prix d’une culture du conflit plus exigeante.

 

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