Université de Fribourg
Universität Freiburg

 

 


1) BREF HISTORIQUE DE L'INSTITUT DE PHYSIOLOGIE


Un enseignement de physiologie aux étudiants en sciences a été assuré dès la création de la Faculté des Sciences, en 1896, par une chaire commune de physiologie - chimie physiologique. En 1938, avec l’introduction du 2ème propédeutique de médecine à Fribourg, un institut spécifique de physiologie était créé, dirigé par Aloys Müller, un expert de la circulation sanguine. En 1964, Aloys Müller devint Professeur émérite et continua ses travaux dans le tout nouvel Institut de recherche cardio-angéiologique (IRCA). La Faculté des Sciences fit alors appel à Pierre Haab qui dirigera l’Institut de Physiologie jusqu’en 1995 et apportera à Fribourg une expertise considérable dans le domaine de la physiologie respiratoire. L’Institut s’enrichit en 1975 d’une deuxième chaire avec Mario Wiesendanger qui assura avec maîtrise un enseignement et une recherche en neurophysiologie, jusqu’à son départ en 1994. L’Institut collabora aussi étroitement avec l’Institut de recherche cardio-angéiologique jusqu’à sa fermeture en 1983.

En 1968, suite aux grands travaux entrepris sur le plateau de Pérolles, l’Institut de Physiologie put quitter ses locaux dans les bâtiments du Musée et emménager dans les locaux actuels, un bâtiment de quatre étages partagé avec l’Institut de Biochimie. Depuis 1995, la direction de l’Institut et la chaire de physiologie systémique sont assurées par Jean-Pierre Montani, qui a reçu une formation de médecine interne et de physiologie cardio-vasculaire. Quant à la chaire de neurophysiologie, elle a été repourvue en 2003 avec Eric Rouiller, un ancien de la maison. L’Institut a grandi au cours des ans pour compter aujourd’hui près de quarante-cinq collaborateurs.

 

 

2) UN PROGRAMME D'ENSEIGNEMENT ILLUSTRE PAR L'EXEMPLE CLINIQUE [top]

L’enseignement de physiologie médicale s’adresse aux 250 étudiants de médecine de 1ère et 2ème années. Cet enseignement comprend en 1ère année l’étude de la cellule, des nerfs, des muscles et des principes de biophysique. En 2ème année, l’étudiant apprend à maîtriser les grandes fonctions du corps humain, système cardio-vasculaire, reins, poumons, digestion, hormones et système nerveux. L’enseignement est illustré par de nombreux cas cliniques qui sont discutés lors de cours magistraux ou en petits groupes d’étudiants (apprentissage par problèmes). Cette approche permet à l’étudiant de mieux comprendre les bases biomédicales acquises et d’intégrer les connaissances dans une approche multidisciplinaire. L’étudiant suit également une vingtaine d’après-midi de travaux pratiques où il conduit des expériences scientifiques et se familiarise avec des techniques médicales telles que fonctions pulmonaires ou rénales, électrocardiogramme, auscultation cardiaque, examen de l’audition et de la vision, ou examen du système nerveux. Une belle part est donnée aux nouvelles technologies d’enseignement, avec des cours appuyés par des présentations multimédia et des simulations sur ordinateurs, et l’utilisation de nombreux logiciels d’auto-apprentissage et d’auto-évaluation mis à la disposition des étudiants dans une toute nouvelle salle d’ordinateurs.

En sus des cours dispensés aux étudiants de médecine (humaine, dentaire et vétérinaire), l’Institut organise des cours de chimie biophysique pour les étudiants en sciences, de physiologie des grandes régulations pour les pharmaciens, biochimistes et biologistes, et de physiologie sportive pour les étudiants en sport. Les étudiants en psychologie suivent quant à eux un cours de base et un cours avancé de neurophysiologie, et les élèves de l’école du personnel soignant reçoivent un enseignement de physiologie et de physiopathologie étalé sur deux ans et donné séparément, en français et en allemand. Enfin, l’Institut assure également la formation d’une douzaine d’assistants, qui participent à l’enseignement des travaux pratiques et aux travaux de recherche.

 

 

3) LES CHAIRES DE RECHERCHES [top]

Les deux chaires de physiologie partagent un esprit commun dans la recherche, une volonté de comprendre le fonctionnement de l’organisme dans son entier.

En physiologie systémique ou physiologie dite des grandes régulations, l’attention est portée sur le système cardio-vasculaire. On y étudie les mécanismes de régulation des débits sanguins et de la pression artérielle, plus particulièrement pour comprendre l’hypertension artérielle liée à l’obésité (Jean-Pierre Montani, Abdul Dulloo). Un groupe de recherche de biologie vasculaire s'intéresse aux mécanismes moléculaires des dommages vasculaires dans les maladies cardiaques (Zhihong Yang).

En neurophysiologie, l'approche est systémique aussi, avec les projets de recherche suivants:

- Etude des bases neurobiologiques et des mécanismes de contrôle des mouvements volontaires chez les primates, ainsi que la mise au point de stratégies thérapeutiques visant à restituer la fonction motrice suite à des lésions cérébrales ou encore de la moelle épinière (Eric Rouiller). Ce même groupe de recherche étudie également l'organisation fonctionnelle du système auditif, les mécanismes d'intégration multisensorielle (audition et vision) et, sur le plan clinique, une approche visant à affiner des modes de restitution de l'audition en cas de surdité par stimulation artificielle de l'oreille. Tous ces projets de recherche sont décrits dans plus de détails sur le présent site web (Rouiller)

- Etude des mécanismes de développement de la mémoire chez les primates (Pierre Lavenex, Prof. Boursier FNS).

Ces projets sont fortement soutenus par des fonds suisses et étrangers, Fonds National de la Recherche Scientifique, Fondation Suisse de Cardiologie, Fondation Roche, Novartis Pharma, Fondation McDonnell-Pew, projets de la Communauté Européenne et Agence Spatiale Européenne entre autres. Ces moyens financiers supplémentaires permettent ainsi d'attirer à Fribourg des assistants et des chercheurs de valeur qui contribueront aussi à la qualité de notre enseignement.

 

 

4) DE LA PHYSIOLOGIE A LA MEDECINE [top]

En enseignement comme en recherche, la physiologie ne saurait se limiter à l’étude de la fonction normale. Pour étudier les régulations qui permettent le maintien de la vie, il est nécessaire de perturber les systèmes pour comprendre le retour à une physiologie normale. Cette perturbation peut être physiologique (par exemple, un exercice physique, l’ingestion d’un repas riche en sel, un séjour en altitude ou l’accomplissement d’une tâche motrice spécifique), mais c’est souvent l’étude d’un trouble pathologique (hypertension artérielle, asthme ou lésions cérébrales par exemple) qui met en valeur l’importance de ces régulations et les mécanismes qui permettent d’assurer les fonctions corporelles et la survie de l’organisme. En fait, le maintien et le retour à une physiologie normale est le but de la médecine. Un enseignement de physiologie illustré par la clinique et une recherche fondamentale avec une approche intégrative jouent ainsi un rôle central dans la formation médicale.
 

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