Les professeurs d'histoire de l'Eglise de la faculté de théologie
de l'Université de Fribourg
1. Johann Peter Kirsch
Né le 3 novembre 1861 à Dippach (Luxembourg), décédé le 4 février 1941 à Rome, enseigne de 1890 à 1891.
2. Fr. Pierre-Marie Mandonnet op
Né le 26 février 1858, décédé le 4 janvier 1936, enseigne du semestre d’hiver 1891/1892 au semestre d’hiver 1917/1918.
« Fondateur de la chaire d’histoire de l’Eglise à la Faculté (1891-1918), où il eut le privilège d’enseigner dès l’origine dans sa langue maternelle, le Père Pierre Mandonnet fut l’un des plus brillants professeurs de la première génération, en même temps qu’un historien de réputation mondiale. D’un tempérament vif, sentimental et même romantique dans son adolescence, ce descendant de vignerons d’Auvergne fut acquis et dès lors passionnément attaché aux Prêcheurs, à saint Dominique, à saint Thomas par les écrits du Père Lacordaire. Entré dans l’Ordre en 1882, dans des couvents d’exil, en Espagne, au Tyrol et en Corse, il arrive à Fribourg en 1891. C’est là qu’il conquiert vraiment sa vocation et sa méthode d’historien, résumée pour lui en deux mots : sincérité et intelligence. Mais s’il consacre une bonne part de son travail à la recherche et à la critique immédiate de documents sur les sujets qui lui tiennent à coeur, il en réserve la meilleure partie à l’effort d’intelligence qui s’efforce, par une longue réflexion, de remettre chaque information dans le tout qui lui donne son sens, sa dimension et sa saveur. Son livre magistral sur Siger de Brabant et l’Averroïsme latin au xiiie siècle (1ère éd., 1899 ; 2e, 1908 et 1911), travaillé pendant près de vingt ans, illustre l’efficacité de cette conception de l’histoire. Pour mettre en place la figure d’un maître presque oublié de Paris, Mandonnet rédige le célèbre chapitre « De l’action d’Aristote sur le mouvement intellectuel médiéval » qui jette sa lumière sur des pans entiers de l’histoire de ce siècle et conserve, bien des années plus tard, une étonnante force de suggestion. Ainsi fait-il dans le domaine du thomisme, où ses Ecrits authentiques de saint Thomas d’Aquin, renouvellent l’édition et l’interprétation des oeuvres de saint Thomas, et l’amènent lui-même à la fondation des instruments essentiels des études thomistes, le Bulletin thomiste, la Société et la Bibliothèque thomiste. Cofondateur de la Revue thomiste, il avait refusé de l’affubler du préfixe « néo ». Ainsi multiplie-t-il les collections de textes, fichiers, bibliographies, articles sur les points cruciaux ou ébauches de synthèse, sur le sujet qui le hante entre tous, l’histoire de saint Dominique et de ses Prêcheurs. Il prend rapidement sa place parmi les meilleurs spécialistes de l’histoire de la théologie et des ordres mendiants au xiiie siècle. On comprend l’intérêt de ses auditeurs, captivés par une histoire toute pénétrée d’intelligence ; l’enthousiasme de ses étudiants, qui se manifeste jusque dans la rue par des cortèges triomphaux ; et l’attachement de ses doctorants, auxquels il ne se contente pas de proposer des thèmes, mais qu’il guide dans la recherche et l’élaboration au point de leur communiquer ses propres notes et documents. Religieux convaincu, sensible à tout l’humain, avec une pointe d’ironie qui se manifeste par une grande vivacité de répartie, particulièrement ouvert aux jeunes, passionné par la tâche de l’Université catholique dont il remplit les charges de recteur, de doyen, de responsable du convict avec générosité et efficacité, le Père Mandonnet noue avec ses collègues et jusque dans la ville des amitiés de toutes sortes qui rejaillissent finalement sur l’Université elle-même. Avec son successeur, en 1918, le Bourguignon, Père Mannès Jacquin, son émule pour la langue allemande depuis 1906, enfin Mgr Kirsch, le patrologue, il donne à la Faculté de Fribourg, une sensibilité à l’histoire qui rayonne même sur les branches systématiques».
(Marie-Humbert Vicaire op, « L’activité savante. Les maîtres », dans Histoire de l’Université de Fribourg Suisse, 1889-1989, vol. 2, Editions universitaires, Fribourg, 1991, 535-536).
3. Fr. Mannès Jacquin op
Né le 4 juillet 1872, décédé le 17 décembre 1956, enseigne du semestre d’été 1918 au semestre d’été 1937.
4. Fr. Marie-Humbert Vicaire op
Né le 15 décembre 1906, décédé le 2 octobre 1993, enseigne du semestre d’hiver 1937/1938 au semestre d’été 1977.
5. Fr. Guy-Thomas Bedouelle op
Né à Lisieux le 6 avril 1940, enseigne du semestre d’hiver 1977/1978 au semestre d’automne 2007.
Sources : Histoire de l’Université de Fribourg Suisse, 1889-1989, 3 vol., Editions universitaires, Fribourg, 1991-1992.
Illustrations : Archives de l’Albertinum, Fribourg.
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