Silvia Arlettaz, Ass.-doct.
Cours:
La citoyenneté
mardi, 11 - 12 h
Aperçu — La citoyenneté est d’abord un lien juridique qui unit l’individu à l’Etat ; mais elle est aussi génitrice d’un statut par les droits et les devoirs qui lui sont liés. La citoyenneté représente également le principe de la légitimité politique et la source du lien social. Comme le montre les débats actuels, elle est donc un enjeu. Elle est une histoire et ses pratiques ont pris des formes différentes selon les pays. Le propos de ce cours sera d’esquisser une réflexion autour des racines de ce concept, de son évolution ainsi que de ses enjeux. Il sera proposé un éclairage comparatif entre différents modèles suisses et étrangers. Ce thème s’inscrit dans la continuité des cours précédant consacrés à la démocratie et à l’Etat, mais il forme un enseignement indépendant.
Bibliographie: Arlettaz, Silvia, Citoyens et étrangers sous la République Helvétique 1798-1803, Genève, Georg, 2005.
Balibar, Etienne, Droit de cité. Culture et politique en démocratie, La Tour d’Aigues, L’Aube, 1998.
Brubaker, Rogers, Citoyenneté et nationalité en France et en Allemagne (traduit de l’anglais par Jean-Pierre Bardos), Paris, Belin, 1997.
Le Cour Grandmaison, Olivier, Les citoyennetés en Révolution (1789-1794), Paris, PUF, 1992.
Noiriel, Gérard, Etat, nation et immigration. Vers une histoire du pouvoir, Paris, Belin, 2001.
Koselleck, Reinhart, Preusse zwischen Reform und Revolution : Allgemeine Landrecht, Verwaltung und soziale Bewegung von 1791 bis 1848, Stuttgart, Ernst Klette Verlag, 1967.
Schapper, Dominique, avec la collaboration de Christian Bachelier, Qu’est-ce que la citoyenneté ?, Paris, Gallimard Folio Actuel, 2000.
Wenden, Catherine Wihtol de, La citoyenneté, Paris, Edilig/Fondation Diderot, 1988; Parker, Geoffrey, La révolution militaire. La guerre et l'essor de l'Occident, 1500-1900, Paris, 1993 (édition originale, 1988). Paolo, Preto, I Servizi segreti di Venezia, Milan, 1994.
Georges Andrey, Ch. C. / Alain-Jacques Tornare, Ch.C.
Cours-Séminaire: Fribourg et la Suisse : Révolution et contre révolution de 1750 à 1850
jeudi, 8-10 h (AA)
Un siècle durant, de la parution de l'Encyclopédie (1751) au « printemps des peuples » (1848), Fribourg, le Pays romand et la Suisse entière participent à des degrés divers au vaste mouvement qui ouvre l'Europe et le monde à la modernité politique, celle notamment des droits de l'homme, de la liberté et de l'égalité. Notre société actuelle vit encore des acquis de cette Révolution atlantique. Toutefois, au nom des valeurs traditionnelles ou par l'effet des pesanteurs sociologiques, de fortes résistances, parfois victorieuses, ont fait barrage à cette mutation de la société occidentale. Un mot les résume : « contre-révolution », terme forgé au lendemain de la Révolution française sur le schéma Réforme/ Contre-réforme du 16 ème siècle. Il s'agira, à travers le cours et les exposés de séminaire, de montrer comment Suisses, Romands et Fribourgeois de tout bord ont, par leur engagement dans un camp ou dans l'autre, vécu concrètement l'ordre nouveau issu des Lumières et de la révolution industrielle.
Bibliographie générale: Nouvelle Histoire de la Suisse et des Suisses, 2ème édition revue et augmentée, Lausanne, Payot, 1986; Bianchi Serge et Bourdin Philippe (éd.), Révoltes et révolutions de 1773 à 1802. Europe, Russie, Amériques, Nantes, Editions du temps, 2004 (« Questions d'histoire », coll. dir. par H. Fréchet); Dorigny Marcel, Révoltes et révolutions en Europe et aux Amériques (1773-1802), Paris / Berlin, 2004; Godechot Jacques, La contre-révolution. Doctrine et action, 1789-1804, 2ème édition mise à jour, Paris, PUF, 1984; Michaud Marius, La contre-révolution dans le Canton de Fribourg 1789-1815, Fribourg, Editions universitaires.
Denis Crouzet, Prof. inv.
Cours: Crises et violences religieuses dans la France de XVIe siècles
jeudi 8 – 11h
Il s'agira d'analyser le phénomène de genèse des tensions violentes qui aboutissent en France à un demi siècle de guerres de religion, puis de dégager les modes spécifiques d'agression qui caractérisent les catholiques et les huguenots en montrant que les différences expriment des sensibilités religieuses particularisées. Les temps, les rites et les acteurs mêmes des violences seront étudiés, avec une insistance portée sur les grands événements que sont le déchaînement iconoclaste de 1561-1562, l'explosion des trois premières guerres de religion, le massacre de la Saint-Barthélemy, la décroissance des agressions rituelles après 1572, et enfin le régicide d'août 1589.
Bibliographie: D. Crouzet, les guerriers de Dieu. La violence au temps des guerres de Religion, Seyssel, 2 vol., 1990; David El Kenz, Les bûchers du roi, Seyssel, 1997; Olivier Christin, Une révolution symbolique. L'iconoclasme huguenot et la reconstruction catholique, Paris, 1991; Mario Turchetti, Tyrannie et tyrannicide de l'antiquité à nos jours, Paris, 2002; Arlette Jouanna et al., Histoire et dictionnaire des guerres de Religion, Paris, 1998; Natalie Z. Davis, "Les cultures du peuple. Rituels, savoirs et résistances au XVIe siècle, Paris, 1979.