Revues culturelles suisses

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Traits : Etapes


A l’origine, la revue paraît sous le nom «Traits, lettres et documents» et comporte des articles plus ou moins virulents à l’encontre des dictatures et de la pseudo-neutralité de la Suisse. La présence de la poésie est encore discrète. Après un premier numéro diffusé sans l’accord de la Confédération, Lachenal est sommé de demander une autorisation, qu’il obtient en avançant le caractère privé et apolitique de la revue. Malgré cela, la censure vaudoise, souvent tempérée par le Département Presse et Radio de l’armée, garde un œil vigilant sur le mensuel, intervenant à dix reprises. Les numéros suivant chacune de ces interventions présentent un contenu plus axé sur la littérature.
Dès la deuxième livraison, Jean Descoullayes prend les rênes, mais il est contraint d’abandonner la tête de la revue en février 1942, suite à la publication d’un article polémique de C.-A. Loosli dénonçant «les méthodes moyenâgeuses de la justice administrative» du canton de Vaud.
Avec le changement de nom en «Traits, Poésie, Documents, Lettres», opéré en novembre 1941, la poésie acquiert un rôle plus important. La rubrique «documents», revue de presse caustique, conserve toutefois son statut de colonne vertébrale de la publication.
En mars 1942, Gérard Buchet devient rédacteur en chef. «Traits» changera encore trois fois de responsable jusqu’à la fin 1945. Jean Rickli, Buchet une nouvelle fois et Michel Buenzod se succèdent à sa tête. L’ère Rickli verra le renversement des rapports de force sur le terrain militaire, renversement qui conduit à un assouplissement de la censure. «Traits» devient alors plus explicite dans ses opinions et publie une série d’articles chantant les louanges du système soviétique.
Le début de la Libération marque un tournant dans l’histoire de «Traits», qui perd là une partie de sa raison d’être. En août 1944, la revue cesse de paraître jusqu’au début 1945. Elle renaît sous la baguette de Michel Buenzod, qui lui donne une structure plus rigoureuse, et l’enrichit de nouvelles rubriques. Le contenu devient plus technique, plus orienté vers l’après-guerre, mais laisse tout de même quelque place au règlement des comptes du passé.

Edmond Rey & François Tardin





Conception et réalisation
Département d'histoire contemporaine  &   Centre NTE   -  Université de Fribourg  -  Suisse