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Traits : Equipe et rédacteurs


Du fait des circonstances de sa publication, «Traits» se nourrit de la collaboration plus ou moins régulière de multiples rédacteurs. Les anciens étudiants d’Edmond Gilliard, véritable père spirituel de la revue, en composent l’ossature. François Lachenal, Jean Descoullayes, Alfred Wild, Jean Moser et Pierre Beausire font partie de la petite équipe qui se réunit dès août 1940 pour discuter de la création d’une revue de «résistance intellectuelle». Ces disciples de Gilliard, nés au tournant du siècle, à l’exception de Lachenal alors âgé de 22 ans, balaient un spectre assez large à la gauche de l’échiquier politique. Quant à Gilliard, bien que n’occupant pas de position définie dans l’organigramme de la revue, il y contribue régulièrement. Du moins au début. Il se distingue notamment par son pamphlet «l’Ecole contre la vie», publié en plusieurs parties entre 1940 et 1942. Il y dénonce le traditionalisme désuet et destructeur de l’institution scolaire.
A ce noyau de base viennent se greffer nombre de collaborateurs occasionnels. Au début, ces derniers sont exclusivement suisses. Les colonnes de Traits sont ainsi enrichies des contributions de personnalités incontournables du monde de la presse suisse, à l’image de Daniel Simond, Gilbert Trolliet, Carl-Albert Loosli ou encore Herbert Luthy. Ces auteurs n’hésitent pas à évoquer des problèmes de politique tant intérieure qu’extérieure.
Dès le début 1942, la revue accentue sa composante politique en donnant la parole aux précurseurs de la «poésie résistante» française. Pierre Emmanuel et Pierre Seghers publient anonymement les poèmes «Octobre I» et «Octobre II», écrits en réaction à l’exécution des otages de Chateaubriand. Bien que relativement explicites, ces textes offrent l’avantage de passer facilement à travers les mailles du filet de la pragmatique censure suisse. Au fil des publications, les poètes français, profitant de la valise diplomatique de François Lachenal, prennent de plus en plus de place. «Traits» s’enrichit alors des signatures prestigieuses de Louis Aragon et de Paul Eluard, entre autres. De leur côté, les poètes suisses, qui ont aussi leur place dans «Traits», perpétuent la tradition d’une poésie plus classique.

Edmond Rey & François Tardin





Conception et réalisation
Département d'histoire contemporaine  &   Centre NTE   -  Université de Fribourg  -  Suisse