Revues culturelles suisses

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Traits : Collaborateurs


Jean DESCOULLAYES (1903-1961)
Journaliste et éditeur, Jean Descoullayes a suivi les cours d’Edmond Gilliard. Il collabore à de nombreuses revues entre 1930 et 1950. Descoullayes fonde avec Louis Junod les Editions des Trois Collines en 1935. Collaborateur de la revue Traits, il en sera le rédacteur en chef de novembre 1940 à février 1942. Son statut de fonctionnaire, conservateur du Musée cantonal des Beaux Arts de Lausanne, l’oblige à renoncer à son poste de responsable de la revue antifasciste. Critique d’art avant-gardiste, il est accusé à plusieurs reprises de connivence avec l’extrême-gauche.

Edmond GILLIARD (1875-1969)
Poète et critique littéraire, Edmond Gilliard est un personnage central de la vie culturelle romande de l’entre-deux-guerres et de l’immédiat après-guerre. En 1913, il fonde avec Paul Budry Les Cahiers vaudois, au sein desquels il défend une littérature typiquement romande. Enseignant de littérature française et de latin au Collège puis au Gymnase classique de Lausanne, il fait figure de maître à penser pour toute une jeune génération d’intellectuels. Il inspire la création de plusieurs nouvelles revues dans les années 1930. Profondément libéral, Gilliard combat le conformisme quel qu’il soit. Il reçoit en 1954 le prix d'honneur de la Fondation Schiller pour l'ensemble de son oeuvre et le prix de la Ville de Lausanne dix ans plus tard.

François LACHENAL (1918-1997)
Né en 1918 dans une famille de la bourgeoisie genevoise, François Lachenal affirme rapidement des opinions de gauche et se signale par quelques coups d’éclats, ce qui n’est pas sans poser certains problèmes à son père, membre du parti radical. Ce dernier finit par envoyer son fils au Collège de Lausanne. C’est là qu’il rencontre Edmond Gilliard, qui devient son maître à penser. Un maître à penser à qui il destinera la revue Traits, qu’il crée fin 1940 avec un groupe d’anciens étudiants de ce dernier. Il y expose cinq années durant ses idéaux de liberté, de justice sociale, et ne manque jamais de critiquer la politique menée par les autorités. Dès 1942, son poste à la légation de Vichy lui permet de jouer le rôle de passeur pour les écrivains résistants français. Leurs textes sont publiés dans Traits ou aux Editions des Trois Collines, dont Lachenal est l’animateur dès 1943. Sa mission en France terminée à l’octobre 1944, il se rend en Allemagne, où il est attaché à la division des intérêts étrangers. A la fin de la guerre, il s’active, sans beaucoup de succès, à tenter de sortir l’Allemagne de son isolement politique et culturel. Sa carrière rebondit en 1953, date à laquelle il entre au conseil de direction des laboratoires pharmaceutiques Boehringer, à Ingelheim. C’est dans la petite ville rhénane qu’il fonde et dirige les « Journées internationales ».

Daniel SIMOND (1904-1973)
Elève de Gilliard, il suit les canons esthétiques définis par son maître. Simond croit à l’autonomisation de l’art et prône une politique plus « éthique ». Dans les années 1930, il participe à plusieurs revues tant littéraires que politiques, tout en enseignant au Collège puis au Gymnase. Il fonde et dirige la revue Suisse romande (1937-1939) dans laquelle il défend des positions humanistes. Avant et durant la Seconde Guerre, il entretient de multiples contacts avec les écrivains français et joue le rôle de médiateur entre divers milieux intellectuels suisses romands. Parallèlement, il anime des chroniques radiophoniques consacrées à la littérature et à la musique.

Gilbert TROLLIET (1907-1980)
Gilbert Trolliet suit l’enseignement de Gilliard puis fait des études de Lettres. Il part à Paris, où il dirige la revue Raison d’être entre 1929 et 1931. De retour en Suisse, il contribue régulièrement à diverses revues romandes. Il fonde en 1932 la revue littéraire et politique Présence avec Jean Descoullayes. Trolliet se consacre après guerre à la poésie. Une poésie de facture classique d’abord marquée par le surréalisme et l’existentialisme, avant de sombrer dans le pessimisme.

Alfred WILD (1899-1976)
Alfred Wild enseigne le latin et le grec au Collège d’Aigle durant quarante ans, jusqu’en 1962. Elève de Gilliard, il perpétue son héritage en collaborant à de nombreux journaux et revues durant l’entre-deux-guerres. Il est en outre l’un des animateurs de la Société des Belles-Lettres.

Edmond Rey & François Tardin





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