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Frigos naturels et caves à lait

Fiche 3.5.4
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• 3.5.1. Eboulis froids (et autres formations poreuses) de basse altitude • 3.5.2. Mécanismes de circulation d'air : l'effet de cheminée • 3.5.3. Les glacières (ou grottes glacées) • 3.5.4. Frigos naturels et caves à lait

 
 

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Grâce aux basses températures qui règnent au fond d'une glacière durant a période estivale, les aliments peuvent être conservés et les boissons refroidies directement au fond de la caverne. La glacière de St Livres (VD) aurait ainsi servi de frigo pour refroidir les bières des paysans de la région. De même la glacière de Monlési (NE) aurait aussi été exploitée à la fois à des usages domestiques et industriels durant la fin du 19ème et le début du 20ème siècle. On raconte même que des blocs de glace prélevés dans la glacière aurait été envoyés jusqu’à Paris, où ils étaient finalement livrés à de nombreuses brasseries. Mythe ou réalité ?

La ventilation des éboulis froids est également un phénomène connu et utilisé depuis plusieurs siècles. Ce courant d’air naturel a été exploité dans le passé pour la construction de caves à lait (Milchkeller) dans lesquelles « le lait s’y conservait pendant trois semaines sans se gâter, la viande un mois, et les cerises d’une année à l’autre » (De Saussure, 1796) (fig. 1). Dans certains cas, l’utilisation de cette climatisation naturelle a été passablement sophistiquée, comme le raconte Horace Bénédicte de Saussure lors de son second voyage à travers les Alpes (1796) : à Cesi en Italie, la fraîcheur d’un courant d’air provenant «des crevasses d’un rocher, contre lequel la maison est bâtie » était utilisée pour conserver des vins, des fruits et d’autres denrées alimentaires, mais « encore en conduisant cet air frais par des tuyaux jusque dans les appartements. Des robinets placés à l’extrémité de ces tuyaux donnent à volonté la quantité de cet air frais qu’on désire. On a même poussé la recherche jusqu’à conduire cet air sous des guéridons dont le pied est percé, en sorte que les bouteilles posées sur ces guéridons sont continuellement rafraîchies par le vent qui en sort ». Santé !

Fig. 1 - Caves à lait de Seelisberg (Lucerne) décrite par Ferdinand Keller (1839). Aujourd’hui les maisons en bois ont disparu, mais des murets de pierre formant un carré de 2 mètres de côté sont toujours visibles dans les parties basses de la pente d’éboulis. Il est possible que les caves à lait étaient construites à cet endroit.
 

 
High Mountain and Periglacial Systems

Société Suisse de Géomorphologie (SSGm) - Fiches pour l'enseignant - Chapitre 3 : Environnements périglaciaires
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