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Les glaciers rocheux déstabilisés (en « surge »)

Fiche 3.4.6
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• 3.5.1. Eboulis froids (et autres formations poreuses) de basse altitude • 3.5.2. Mécanismes de circulation d'air : l'effet de cheminée • 3.5.3. Les glacières (ou grottes glacées) • 3.5.4. Frigos naturels et caves à lait

 
 

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En plus de l'accélération régulière des deux dernières décennies, certains glaciers rocheux ont connu de véritables crises dans leur activité (surge). En effet, en raison probablement d'une augmentation de la température du pergélisol se rapprochant de 0°C , d'importantes déformations de surface (parfois plus de 5m par an !), voire même des déstabilisations des parties inférieures de certains glaciers rocheux ont été observées.
Plusieurs signes visibles caractérisent un glacier rocheux en surge : front instable, formation de crevasses longitudinales, affaissement de la surface (grande dépression), apparition de sédiments fins à la surface, rides latérales (fig. 1 & 2).

Le glacier rocheux du vallon de Grüob (Turtmanntal, VS) a ainsi connu une accélération régulière entre 1975 et 1993 avec des vitesses variant entre 2 m/an (centre et partie inférieure) et 5 m/an (front). En revanche entre 1993 et 2001, la partie inférieure a perdu toute cohérence, suite à l'ouverture de profondes crevasses (12 m de hauteur) et à l'affaissement du glacier rocheux. Ainsi entre 1975 et 2001, le front a avancé de 60 mètres , principalement entre 1993 et 2001. En raison du danger d'instabilité accru de la tête du glacier rocheux, d'imposantes digues de protection ont été érigées à l'aval (fig. 3 & 4). L'utilisation de techniques d'interférométrie radar embarquée par satellite (InSAR) a permis de mettre en évidence une dizaine d'autres cas dans les Alpes valaisannes (fig. 5).

Les causes de ces (ré)activations brutales et exceptionnelles ne peuvent être uniquement causées par l'augmentation de la température de l'air. L'impact de l'eau de fonte, des processus thermokarstiques, la fonte significative de la glace ou un apport massif de débris semblent y prendre un rôle prépondérant. De plus, il apparaît qu'une déclivité de surface supérieure à 25° soit nécessaire. Dans le cas d'une surge , la reptation n'est probablement pas le seul mécanisme dynamique, mais un mouvement basal de type « glissement » semble se mettre en place.

 

Fig. 1 - Indices de déstabilisation d’un glacier rocheux du Mattertal (VS). A : formation de crevasses dans le manteau neigeux due à l’avancée extrêmement rapide du glacier rocheux ; B : crevasses longitudinales et instabilité des matériaux ; C : crevasse à travers des sédiments fins remontés à la surface du glacier rocheux.
 

Fig. 2 - Niche d'arrachement (crevasses) à la surface du glacier rocheux de la Pointe du Tsaté, dans laquelle apparaît de la matrice fine (Val de Moiry, VS). Ce glacier rocheux semble connaître actuellement une période de crise majeure.
 

Fig. 3 - Instabilité de la tête du glacier rocheux du vallon de Grüob (Vallée de Tourtemagne, VS). A gauche : vitesses de surface mesurées sur la base d'orthophotos entre 1987 et 1993. A droite : Orthophotos de la section terminale pour les années 1975, 1987, 1993 et 2001 (source : Kääb et al., 2006).
 

Fig. 4 - Glacier rocheux en surge du vallon de Grüob (Vallée de Tourtemagne, VS). Les crevasses sur la formation sont bien visibles. Les digues situées à l’aval ont été érigées pour protéger le village de Gruben des avalanches.
 

Fig. 5 - Glacier rocheux en surge du Petit Vélan (Val de Bagnes, VS). Entre 1995 et 2005, le front s'est avancé d'environ 20- 30 mètres , alors que la surface de la partie centrale a connu un affaissement de 5 à 8 mètres .

 

 
High Mountain and Periglacial Systems

Société Suisse de Géomorphologie (SSGm) - Fiches pour l'enseignant - Chapitre 3 : Environnements périglaciaires
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