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Typologie et âge des glaciers rocheux

Fiche 3.4.2
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• 3.5.1. Eboulis froids (et autres formations poreuses) de basse altitude • 3.5.2. Mécanismes de circulation d'air : l'effet de cheminée • 3.5.3. Les glacières (ou grottes glacées) • 3.5.4. Frigos naturels et caves à lait

 
 

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Selon le degré d'activité du glacier rocheux et son contenu en glace (fig. 1), on distingue :

•  Glacier rocheux actif : contient encore de la glace et se déplace de quelques décimètres à plus de 1 mètre par an (généralement plus faible à la fin de l'hiver). La mise en mouvement nécessite une sursaturation en glace (fig. 2).
•  Glacier rocheux inactif : contient encore de la glace, mais ne se déplace plus ou très peu (de l'ordre de quelques cm par an), en raison d'une teneur en glace insuffisante, de l'absence d'apport sédimentaire et/ou d'une diminution de la pente (fig. 3 & 4). Les glaciers rocheux inactifs peuvent parfois se réactiver.
•  Glacier rocheux fossile : la glace a (théoriquement) complètement disparu, la forme est affaissée en raison de la fonte de la glace et la surface est souvent parsemée de dépressions thermokarstiques. Leur mouvement est inférieur au centimètre par an et la surface est recouverte de végétation (pâturage, forêt…) (fig. 5).
•  Glacier rocheux déstabilisé (en « surge ») : cas particulier de glaciers rocheux actifs se déformant très rapidement (parfois plus de 5 mètres par an). Ils contiennent du pergélisol tempéré et leur surface est très instable (avec parfois la formation de crevasses !) (cf. fiche 3.4.5).

Les glaciers rocheux actifs donnent une bonne approximation de la limite inférieure du pergélisol discontinu et peuvent donc être utilisés pour la construction d’un modèle de distribution du pergélisol. Le pergélisol est généralement improbable en dessous de l’altitude inférieure du front des glaciers rocheux actifs (correspondant grossièrement à l’altitude de l’isotherme -2/-1°C). Dans les Préalpes romandes, de nombreux glaciers rocheux fossiles témoignent de l’existence passée d’un pergélisol au moins discontinu. En raison de leur emplacement à l’intérieur d’anciennes moraines latérales tardiglaciaires, il est possible de les dater entre 16'000 et 12'600 BP (before present ; le présent étant fixé à 1950) (fig. 6). Dans les Alpes, les glaciers rocheux actifs peuvent dater de plusieurs milliers d’années (fig. 7).

 

Fig. 1 - Profils schématiques de glaciers rocheux actifs, inactifs et fossiles (adapté de Ikeda & Matsuoka, 2002).
 

Fig. 2 - Glacier rocheux actif du Goli du Rogneux (Val de Bagnes, VS).
 

Fig. 3 - Glacier rocheux inactif des Savolaires, Alpage de Mille (Val de Bagnes, VS).
 

Fig. 4 - Glacier rocheux inactif de l'Alpe Pièi (Val Blenio, TI).

Fig. 5 - Glacier rocheux fossile (entièrement végétalisé) sur le versant nord-ouest du Sasseneire (Val d'Hérens, VS).

Fig. 6 - Méthode de datation des glaciers rocheux fossiles, basée sur la comparaison de la position des glaciers et des glaciers rocheux, ainsi que sur des considérations climatiques d’altitude. (1)-(2) : glacier, (3)-(7) : glaciers rocheux (source : Scapozza 2008).


Fig. 7 - Datation relative de surfaces de glaciers rocheux alpins, estimée sur la base d'interpolations photogrammétriques (ligne de fluage) et de méthodes de datation se basant sur l’altération de blocs de surface. Ces résultats indiquent que l’âge minimal de la plupart des glaciers rocheux actifs est de l’ordre de 3'000 – 5'000 ans (source: Frauenfelder et al. 2005).

 

 
High Mountain and Periglacial Systems

Société Suisse de Géomorphologie (SSGm) - Fiches pour l'enseignant - Chapitre 3 : Environnements périglaciaires
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