top.gif
 

Les éboulements superficiels de l'année 2003

Fiche 3.3.4
Untitled Document
 

• 3.5.1. Eboulis froids (et autres formations poreuses) de basse altitude • 3.5.2. Mécanismes de circulation d'air : l'effet de cheminée • 3.5.3. Les glacières (ou grottes glacées) • 3.5.4. Frigos naturels et caves à lait

 
 

version imprimable [PDF]

Dans de nombreuses régions de Suisse, l'année 2003 a été la plus chaude depuis le début des mesures en 1864 (fig. 1). L'été 2003 fut environ 5°C plus chaud que la normale. Les conditions estivales se sont même prolongées jusqu'en septembre. En montagne, l'isotherme du 0°C se situait au dessus de 4000 m durant de longues périodes. Ainsi du 1 er au 14 août, les températures sont restées positives (même la nuit !) à la station du Jungfraujoch (BE) ( 3580 m ).
Les températures du sol élevées observées durant l'été 2003 sont en partie causées par la combinaison d'un hiver 2002/2003 rapidement enneigé et d'un déneigement précoce. Cette situation s'est avérée très défavorable pour le pergélisol. La succession d'un hiver chaud (du point de vue du pergélisol) et d'un été caniculaire a provoqué une hausse des températures moyennes annuelles du sol de 0.5 à 1.5°C au-dessus des maximas enregistrés jusqu'alors.

Durant l'été caniculaire de 2003, la fréquence des chutes de pierre était bien plus élevée que la normale (fig. 2). Ainsi, dans la face est du Mont-Rose (VS) – la plus haute paroi rocheuse des Alpes (2200 – 4500 m) – des chutes de pierres pouvaient être observées presque chaque jour ! Ces évènements superficiels peuvent être associés avec le temps de réponse thermique très bref des parois rocheuses libres de neige et non protégées par une couche de blocs.
De nombreux autres évènements ont ainsi pu être observés : dans la face nord de l'Eiger, dans le flanc sud du Cervin, à la Dent-Blanche , sur l'arête nord-ouest du Mönch, au Piz Bernina, à l'Obergabelhorn,… L'évènement le plus médiatisé a sans doute été l'éboulement à l'arête Hörnli du Cervin (VS) (3400m) (fig. 3). Le 15 juillet 2003, environ 1000 m 3 de roche se sont détachés de la face est du Cervin à une altitude d'environ 3500 m, bloquant l'accès aux alpinistes. Durant le même été 2003, des évènements semblables se sont produits le long des arêtes sud-ouest ( 3800 m ) et nord-ouest ( 3650 m ) du Cervin.

Dans la plupart des cas, de la glace était visible sur les surfaces de rupture et la plupart des zones d'arrachement se situaient principalement près de la limite inférieure du domaine d'extension du pergélisol. Ces éboulements superficiels se sont ainsi vraisemblablement produits en raison d'un épaississement de la couche active du pergélisol, de la température élevée de la glace et du ruissellement des eaux de fonte.

 

Fig. 1 - Ecart des températures par rapport à la moyenne 1864-2005 pour la station du Saentis (AR).
 

Fig. 2 - Eboulement dans la face nord de la Blanche de Perroc (Val d'Arolla, VS) en août 2003.
 

Fig. 3 - Modèle de répartition probable et possible du pergélisol dans la région de Zermatt, basé sur la radiation solaire, la température de l'air et des indicateurs géomorphologiques. L'éboulement superficiel du 15 juillet 2003 (altitude : env. 3400 m ) se situe dans la zone d'existence probable du pergélisol (adapté de Frozen Ground, décembre 2003).

 

 
High Mountain and Periglacial Systems

Société Suisse de Géomorphologie (SSGm) - Fiches pour l'enseignant - Chapitre 3 : Environnements périglaciaires
Last update : 31 août 2009 - Questions ou remarques sur le site ?