top.gif
 

Evolution du profil thermique vertical d'un pergélisol (2/2)

Fiche 3.1.9
Untitled Document
 

• 3.5.1. Eboulis froids (et autres formations poreuses) de basse altitude • 3.5.2. Mécanismes de circulation d'air : l'effet de cheminée • 3.5.3. Les glacières (ou grottes glacées) • 3.5.4. Frigos naturels et caves à lait

 
 

version imprimable [PDF]

Alors que l'épaisseur de la couche active réagit assez rapidement (selon le contenu en glace) aux conditions atmosphériques, le comportement thermique du corps du pergélisol présente une grande inertie (évolution lente). On considère d'ailleurs que les températures actuelles du pergélisol alpin pourraient refléter les conditions en vigueur à la fin du Petit Âge Glaciaire.

b) Incurvation du profil thermique (temps de réponse : années à décennies ).

En cas de réchauffement (refroidissement) de la surface (MAGST), le surplus (déficit) de chaleur se propage peu à peu vers la profondeur, incurvant le profil thermique initial (fig. 2). Le pergélisol de montagne s'est ainsi éloigné des conditions d'équilibre thermique.

Les profils thermiques relevés dans différents forages des Alpes (réseaux PACE et PERMOS) montrent qu' actuellement, le pergélisol n'est pas en équilibre avec les conditions climatiques en vigueur à la surface du sol. Les courbes de températures présentent ainsi l'aspect typique d'un réchauffement (redressement du profil).

La partie supérieure du profil thermique s'incurve en direction du 0°C . Jusqu'à 10- 50 mètres de profondeur, le gradient thermique est ainsi plus faible qu'au-dessous, voire négatif (ie. < 1- 3°C par 100 m). Un écart de 0.5 à 1°C est observé entre la température de surface mesurée et estimée à partir de profils non perturbés. Cette différence est interprétée comme un signe du réchauffement subi par le sol durant le dernier siècle.

Entre 1987 et 2002, le terrain s'est ainsi réchauffé de 0.6°C à 11.6 m et de 0.2°C à 20 m de profondeur dans le glacier de Murtèl-Corvatsch (Engadine, GR). Cette apparente augmentation des températures en profondeur n'est cependant pas linéaire, les variations interannuelles étant relativement importantes (fig. 1). Depuis la fin du Petit Âge Glaciaire (vers 1850), la limite inférieure du pergélisol se serait élevée d'environ 1 mètre par an, soit environ 150 mètres .

c) Déplacement vertical de la base du pergélisol (temps de réponse : décennies, siècles, voire millénaires ).

Cette dernière phase de rééquilibrage se traduit par une fonte du pergélisol par le bas, entraînant une diminution de son épaisseur totale (fig. 2). Cette modification du profil ne semble avoir débuté dans aucun des forages profonds réalisés dans les Alpes.

 

Fig. 1 - L'évolution des températures du pergélisol à environ 10m de profondeur sur quelques sites PERMOS met en évidence trois phases de réchauffement avec des interruptions en 1995/1996 et 2002 (adapté de ‘'Les Alpes'', 10/2005).
 

Fig. 2 - Evolution du profil thermique vertical d'un pergélisol.

 

 
High Mountain and Periglacial Systems

Société Suisse de Géomorphologie (SSGm) - Fiches pour l'enseignant - Chapitre 3 : Environnements périglaciaires
Last update : 31 août 2009 - Questions ou remarques sur le site ?