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Répartition spatiale du pergélisol alpin

Fiche 3.1.6
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• 3.5.1. Eboulis froids (et autres formations poreuses) de basse altitude • 3.5.2. Mécanismes de circulation d'air : l'effet de cheminée • 3.5.3. Les glacières (ou grottes glacées) • 3.5.4. Frigos naturels et caves à lait

 
 

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En fonction de son taux de couverture spatiale, on distingue trois types de pergélisol :

•  Continu : >70%. Dans les Alpes, le pergélisol est en principe continu au-dessus de 3300 m environ (température moyenne annuelle de l'air inférieure à -8.5°C).
•  Discontinu : entre 30 et 70 %. La limite inférieure du pergélisol discontinu se situe approximativement vers 2300- 2400 mètres dans les Alpes, avec une température moyenne annuelle de l'air comprise entre -1/- 2°C.
•  Sporadique : <30%. Ce type de pergélisol se retrouve même à des températures largement positives.

La limite inférieure du pergélisol de montagne est généralement définie comme étant celle du pergélisol discontinu. L'extension verticale théorique de ce domaine périglaciaire (limité vers le haut par la ligne d'équilibre des glaciers) varie en fonction du climat, en particulier selon le régime de précipitation et de température moyenne annuelle de l'air (MAAT) (fig. 1). Sous climat humide, le pergélisol est presque inexistant car les terrains sont presque entièrement recouverts par des glaciers. Sous climat continental plus sec, la ligne d'équilibre des glaciers correspond à une température beaucoup plus basse, permettant ainsi le développement d'une large zone périglaciaire.

A l'échelle du massif alpin, le climat varie en se réchauffant grossièrement du nord vers le sud et surtout en s'asséchant de l'extérieur vers l'intérieur. La limite des neiges persistantes s'élève de 2500 m au Säntis (AR), à 2700 m dans les Alpes vaudoises, 2900 m dans les Alpes bernoises et jusqu'à 3200 m au Mont Rose (VS). Elle redescend à peu près vers 3000 m sur le versant sud de la chaîne. Les glaciers rocheux (indicateurs de pergélisol) sont ainsi plus fréquents dans les Alpes valaisannes et grisonnes que sur les marges sud et nord du massif alpin.

Le pergélisol étant un phénomène « caché », les modèles de répartition du pergélisol alpin se basent sur une probabilité d'apparition en fonction d'indicateurs géomorphologiques (principalement les glaciers rocheux), de facteurs topoclimatiques (altitude, pente, orientation) et des décalages thermiques (fig. 2). On considère ainsi que le pergélisol peut être :

•  Absent  : pergélisol inexistant.
Possible  : zone de transition (le pergélisol peut exister sous certaines conditions locales).
•  Probable  : ceinture alpine du pergélisol discontinu.

Il existe cependant une très forte variabilité spatiale . On retrouve ainsi du pergélisol isolé dès 1000 m d'altitude dans des éboulis ventilés… alors qu'il est absent de parois raides et très ensoleillées situées au-dessus de 3500 m !

 

Fig. 1 - Modèle de cryosphère illustrant les relations spatiales entre les glaciers et le pergélisol, comme une fonction de la température moyenne annuelle de l'air (MAAT) et des précipitations annuelles (traduisant la continentalité) (adapté de Haeberli, 2005).
 

Fig. 2 - Différents modèles de répartition du pergélisol en fonction de l'altitude, de l'orientation et de la position par rapport au versant. Ces modèles régionaux sont principalement basés sur des inventaires de glaciers rocheux et des indices géomorphologiques (adapté de Haeberli, 1975 ; Keller, 1992 ; Imhof, 1996 ; Delaloye & Morand, 1997).
 

 
High Mountain and Periglacial Systems

Société Suisse de Géomorphologie (SSGm) - Fiches pour l'enseignant - Chapitre 3 : Environnements périglaciaires
Last update : 31 août 2009 - Questions ou remarques sur le site ?