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Réchauffement climatique et risques environnementaux

Fiche 2.6.5
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•  2.5.1. Glaciers et légendes alpines •  2.5.2. Glaciers et archéologie •  2.5.3. Glaciers et économie : l'hydroélectricité •  2.5.4. Glaciers et tourisme : les protagonistes des paysages « alpins » •  2.5.5. Exploitation de la glace des glaciers

 
 

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Les scénarios globaux élaborés par le GIEC (Groupe Intergouvernemental d'experts sur l'Evolution du Climat) montrent des augmentations des températures de 0,8 à 2,6 °C d'ici le milieu du XXI e siècle (fig. 1). Ce réchauffement aura comme conséquence l'accroissement de la fonte des glaciers et de la dégradation du pergélisol (cf. fiche 2.4.7 et chapitre 3), ce qui pourra avoir des effets notables sur le potentiel des dangers naturels liés aux processus glaciaires et périglaciaires. En particulier, selon les études effectuées en Suisse par l'Organe consultatif sur les changements climatiques (OcCC), on s'attend qu'une partie importante des terrains de haute montagne situés entre 2400 et 2800 m d'altitude, suite à la disparition des glaciers et à l'amincissement du pergélisol, dégagent de grandes masses de matériaux meubles qui pourraient se mettre en mouvement sous l'action de l'eau (fig. 2) (cf. chapitres 3 et 4). Selon ce scénario, il faudra s'attendre à un déplacement spatial du risque de chutes de glace et de coulées de boue en haute montagne, suivi parallèlement par une augmentation de l'extension saisonnière du risque de crue.

Mais les risques environnementaux ne comprennent pas seulement les risques et dangers naturels, mais également les risques économiques ou sociétaux. En particulier, toujours selon l'OcCC, le débit annuel moyen des eaux augmentera en moyenne d'environ 10 % au Nord des Alpes, tandis qu'il diminuera en moyenne de quelque 10 % au Sud des Alpes. Ceci aura des effets importants sur la production d'énergie hydroélectrique, très dépendante de l'extension de la surface glaciaire (cf. fiche 2.5.3). Un autre risque qu'on pourrait qualifier d'économique, est lié aux changements des paysages de haute montagne suite à un retrait généralisé des glaciers (fig. 3). Pour le moment les effets du retrait des glaciers sur le tourisme sont toutefois difficiles à évaluer.

Mais il faut également considérer les effets positifs du réchauffement climatique sur la cryosphère. Dans le cas des poches d'eau en relation avec les glaciers, le retrait de ces derniers a largement diminué le risque de vidanges catastrophiques. Par exemple, sur le glacier d'Aletsch, le lac de Märjelen n'a plus créé de problèmes à partir de 1931 (cf. fiche 2.6.3). En plus, avec un retrait généralisé des glaciers, les dangers liés aux avalanches, aux débâcles et aux crues glaciaires, ont fortement diminué. Le retrait des glaciers permettra également d'effectuer d'importantes découvertes archéologiques relatives à la colonisation des vallées alpines (cf. fiche 2.5.2), d'avoir davantage de bois et de tourbe pour la reconstitution du climat des derniers 10'000 ans (fig. 4) (cf. fiche 2.4.5) et de dégager des terrains vierges pour les chercheurs de minéraux.


Fig. 1 - Moyenne mobile sur cinq ans des anomalies de température pour huit sites situés entre 569 et 2500 m d'altitude dans les Alpes Suisses. La courbe de l'anomalie à l'échelle du globe est donnée comme référence pour comparaison.
 


Fig. 2 - Dépôts de lave torrentielle en aval du glacier de Plampincieux (Val Ferret, Italie).
 


Fig. 3 - Les Alpes sans glaciers ? La disparition de certains glaciers a modifié radicalement le paysage de haute montagne. La ligne verte marque l'extension du glacier du Valdraus à la fin du Petit Age Glaciaire (Val Camadra, TI).
 


Fig. 4 - Tronc d'arbre dans des sédiments fluviatiles en aval du glacier de Bocheresse (Val de Bagnes, VS).

 

 
High Mountain and Periglacial Systems

Société Suisse de Géomorphologie (SSGm) - Fiches pour l'enseignant - Chapitre 2 : Les glaciers.
Last update : 31 août 2009 - Questions ou remarques sur le site ?