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La théorie glaciaire : bref historique

Fiche 2.4.1
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•  2.5.1. Glaciers et légendes alpines •  2.5.2. Glaciers et archéologie •  2.5.3. Glaciers et économie : l'hydroélectricité •  2.5.4. Glaciers et tourisme : les protagonistes des paysages « alpins » •  2.5.5. Exploitation de la glace des glaciers

 
 

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Jean-Pierre Perraudin (1767-1858), un paysan vivant dans le village de Lourtier, dans le Val de Bagnes (Valais), est l'un des premiers, avec le géologue écossais James Hutton, à émettre l'hypothèse que les blocs erratiques ont été transportés par des glaciers. Il expose sa théorie à des visiteurs du Val de Bagnes, dont Jean de Charpentier (1786-1855), à ce moment directeur des salines de Bex. Les modestes conditions de vie de Perraudin ne lui empêchent pas de faire des observations remarquables ; au contraire, à travers l'étude des stries glaciaires, il émet l'hypothèse que le glacier du Val de Bagnes devait arriver jadis au moins jusqu'à Martigny.

En 1818, il a des discussions sur le sujet avec Ignace Venetz (1788-1859), l'ingénieur d'état valaisan chargé de diriger les travaux pour la vidange du lac s'étant formé par le barrage de la vallée par le glacier du Giétro (fig. 1). Les mesures prises par Venetz n'arrivent pas à éviter la catastrophe : le 16 juin 1818, la vidange soudaine du lac provoque une débâcle qui ravage tout le Val de Bagnes (cf. fiche 2.6.2). Malgré cela, Venetz continue ses observations sur les glaciers qui le porteront à la présentation, lors d'une réunion de la Société helvétique des sciences naturelles (SHSN) au Grand-Saint-Bernard en 1829, d'une théorie selon laquelle les glaciers alpins sont descendus jusqu'au Jura. Ses argumentations suscitent la désapprobation générale, mais il arrive à convaincre Jean de Charpentier, qui devient un partisan de la théorie glaciaire.

De Charpentier commence alors des recherches sur les terrains erratiques de la vallée du Rhône et ses observations le mènent notamment dans la région de Monthey, où il étudie les gigantesques blocs erratiques de la région (le plus grand, la Pierre des Marmettes, a un volume de 1824 mètres cubes ) (fig.2). La théorie glaciaire s'affine toujours plus, mais fait peu de partisans parmi les naturalistes de l'époque. L'un d'eux, Louis Agassiz (1807-1873), se laisse convaincre par De Charpentier et ouvre un nouveau programme d'observation des glaciers. Le 24 juillet 1837, lors d'une séance de la Société helvétique des sciences naturelles, Agassiz, qui aurait dû présenter une conférence sur les poissons fossiles, scandalise le public en prononçant son fameux discours sur les glaciers. Les protestations sont générales, mais malgré la large contestation de la part des autres naturalistes, le discours ouvre une brèche dans les milieux scientifiques et la théorie glaciaire s'affirmera finalement entre 1840 et 1841.

 


Fig. 1 - Variations de longueur du glacier du Giétro (Val de Bagnes, VS) depuis la fin du XIXe siècle.
 


Fig. 2 - La Pierre des Marmettes, étudiée par De Charpentier dans son « Essai sur les glaciers et sur les terrains erratiques du bassin du Rhône » de 1841.


 
High Mountain and Periglacial Systems

Société Suisse de Géomorphologie (SSGm) - Fiches pour l'enseignant - Chapitre 2 : Les glaciers.
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