La
recherche en gestion des Technologies de l'information:
Constats
et développements futurs pour les PME
Professeur responsable Sam Blili
24 et 25 octobre 2002 de 9 h. - 12 h.
Lieu du séminaire: Université
de Neuchâtel, Faubourg de l'Hôpital 106, salle 02
Intervenant: Professeur Louis Raymond, Université du Québec,
Canada
Course Outline:
Les déterminants les plus critiques du nouvel environnement d'affaires
des petites et moyennes entreprises (PME), caractérisé par la
globalisation, la mondialisation des marchés et l'économie du
savoir, sont sans contredit le développement effréné et
la diffusion massive des technologies de l'information et de la communication
durant la dernière décennie, et en particulier les technologies
de l'inforoute (Internet/intranet/World-Wide-Web). Alors que ces technologies
furent d'abord utilisées uniquement de façon interne par les entreprises,
pour des fins de productivité et d'efficience, les TIC et l'inforoute
constituent actuellement l'infrastrucrure d'un réseau global et mondial
de liens entre partenaires d'affaires sous forme d'affaires électroniques
(AE), où les enjeux sont reliés à la stratégie,
à l'avantage concurrentiel et à la performance des PME. Alors
que ce phénomène peut être vu comme intrinsèquement
favorable à la PME, lui donnant l'opportunité d'améliorer
la qualité de ses produits et services, de sa gestion et de ses relations
commerciales, d'amplifier son "agilité" et sa capacité
d'innovation et d'identifier de nouvelles possibilités d'affaires, il
peut aussi constituer une menace pour l'entreprise qui, en l'absence de ressources
et d'expertises adéquates, ne serait pas en mesure de maîtriser
et de gérer les processus d'adoption et d'exploitation des TIC et du
CE. Cela est d'autant plus vrai pour les PME manufacturières et technologiques
qui doivent maintenant faire face à une concurrence mondiale, provenant
à la fois de PME et de grandes entreprises, tout en coopérant
avec certaines de ces entreprises (sous-traitants, compétiteurs, donneurs
d'ordres) dans de nouvelles formes d'organisation basées sur les TIC,
telles que l'entreprise réseau et l'entreprise virtuelle. Or, les réalités
des secteurs manufacturier et technologique québécois à
cet égard sont actuellement loin du modèle idéal couramment
véhiculé d'entreprise "branchée" ou de "cyberentreprise"
et les cas à succès sont beaucoup moins courants et connus dans
ce secteur. Face aux problèmes et possibilités soulevés
par les TIC et le CE, la PME est en fait appelée à devenir une
entreprise "étendue", dont les enjeux se situent à cinq
niveaux:
- Intégrer et gérer stratégiquement son utilisation des
TIC: pour améliorer sa compétitivité et devenir une entreprise
"de classe mondiale", la PME manufacturière et technologique
est appelée à atteindre la qualité totale de ses produits
et services, à effectuer la réingénierie de ses processus
d'affaires et à gérer sa chaîne de valeur et sa chaîne
logistique dans une optique d'intégration; or, cela n'est rendu possible
que par l'implantation de systèmes interfonctionnels et inter-organisationnels
intégrés à base de TIC et de technologie Web (ex. de
logistique intégrée) dont l'adoption doit être envisagée
et planifiée stratégiquement.
- Etendre les frontières de son organisation: l'accès à
l'inforoute permet à la PME de repérer, filtrer, analyser et
diffuser de l'information externe (ex. technologique, concurrentielle, commerciale)
et de rechercher des solutions à un problème particulier auprès
d'experts externes (ex. courriel, vidéo-conférence, forum de
discussion).
- Améliorer ses relations avec ses partenaires d'affaires: l'inforoute,
basée sur une technologie Web "ouverte", transforme les réseaux,
alliances et autres formes de partenariat en permettant l'échange et
le partage intensifs d'information non seulement transactionnelle (ex. commandes,
paiements), mais aussi plus "riche" en contenu et interactive (ex.
pour supporter un processus d'infénierie simultanée), sous forme
de systèmes d'information interorganisationnels (ex. entre PME sous-traitantes
et un donneur d'ordres via un extranet).
- Participer à des marchés électroniques: la PME peut
s'intégrer à des plates-formes électroniques créées
par un ensemble d'entreprises, parfois concurrentes (ex. entreprise réseau,
association sectorielle), pour faciliter la coordination et obtenir des économies
d'échelle profitables à l'ensemble d'un secteur d'activités
commerciales (ex. secteur des produits métalliques, de l'automobile),
et/ou transiger sur des marchés électroniques proprement dits,
soit des "lieux électroniques" où se rencontrent vendeurs
et acheteurs d'un type particulier de biens ou de services, régulés
la plupart du temps par un opérateur qui apparie l'offre à la
demande (ex. enchères électroniques) et offre des services connexes
aux vendeurs et acheteurs (ex. mécanismes d'appels d'offres).
- Disposer d'une infrastructure de support: généralement
caractérisée par un manque de resources humaines qualifiées
et d'expertise spécifique en ce qui a trait à la gestion des
technologies de l'information et l'inforoute, la PME doit pouvoir bénéficier
de soutien, de ressources et de transferts de connaissance provenant de sources
externes pour lui permettre d'augmenter son savoir et se développer
en ce qui a trait aux affaires électroniques. A chacun de ces enjeux
correspond des tendances stratégiques pointant à l'horizon des
PME, auxquelles s'associent des pratiques émergentes dont certaines
peuvent être qualifiées d'exemplaires:
- Intégration de la chaîne de valeur par les progiciels de
gestion de type ERP ("enterprise resource planning"): basés
sur les notions de "supply chain management " et de logistique
intégrée, ces progiciels sont censés couvrir toutes
les "fonctions" de l'entreprise (finance, production, GRH,...)
et y intégrer le CE inter-enterprise ("business-to-business");
or, sollicités par les éditeurs de ces logiciels (SAP, Peoplesoft
et autres) et poussées par les grands donneurs d'ordres qui ont
presque tous implanté des systèmes d'ERP, certaines PME
ont déjà adopté cette technologie (ex. KAPP) et plusieurs
devront bientôt le faire.
- Veille stratégique et formation à base de l'inforoute
et de technologie Web: certaines PME peuvent actuellement effectuer une
veille stratégique complexe de leur environnement en obtenant de
l'information sur le Web à partir d'agents logiciels de recherche
(technologie "push", ex. Copernic, Qwam) et diffuser cette information
à l'interne via un internet; cette recherche peut aussi inclure
des formations multimédia, disponibles sur le Web, qui peuvent
être très pertinentes à l'entreprise (ex. sur les
affaires électroniques, le projet Busy City de l'Union Européenne).
- Communication, coopération et coordination à base de l'inforoute
et de technologie Web dans l'entreprise réseau et l'entreprise
virtuelle: actuellement, les PME manufacturières et technologiques
doivent pour la plupart intégrer de nouvelles formes d'organisation
qui les lient de façon étroite à de grands donneurs
d'ordres et à des sous-traitants (généralement d'autres
PME) et virtualiser certaines de leurs fonctions. Or, les TIC, l'inforoute
et la technologie Web constituent l'infrastructure de ces réseaux
d'entreprises et impliquent le passage de l'échange traditionnel
de données informatisées (EDI), à base de transactions
normalisées, à une forme beaucoup plus "ouverte"
de CE (XML/EDI) qui augmente le contenu informationnel et le niveau d'interactivité
des échanges interentreprises, rapproche la PME de ses clients
(technologie mobile ou portable pour communiquer avec techniciens et représentants
sur le terrain, ex. pour le transfert d'images), et s'intègre plus
facilement aux systèmes internes de l'entreprise.