Centre suisse d'études sur le Québec et la Francophonie

La Suisse et la Francophonie

De la francophonie à la Francophonie

Avec ses 1,8 million d'habitants, la Suisse romande fait partie du monde francophone. Géographiquement contiguë à la France, la Suisse entretient un réseau dense de relations politiques, économiques et culturelles avec ce pays. Sur le plan culturel, ces relations sont caractérisées par les tensions entre le centre parisien, qui est à la fois un lieu de légitimation et un lieu de sélection, et la périphérie où cohabitent des sentiments d'originalité et de marginalité.

Mais la Suisse dans la francophonie ne se résume pas aux contacts avec la France. Au niveau officiel cependant, l'entrée de la Suisse dans les institutions de la Francophonie de la seconde moitié du XXe siècle est relativement lente: la diplomatie helvétique est bousculée par cette nouvelle composante francophone sur la scène internationale.

Alors que l'Agence de coopération culturelle et technique est créée en 1970 à Niamey, il faut attendre 1989 pour que la Suisse, sur la décision du Conseil fédéral, participe officiellement au sommet des chefs d'Etat et de gouvernement des pays ayant le français en partage. Depuis 1996, la Suisse participe pleinement à l'Agence intergouvernementale de la Francophonie, devenue entre temps l'OIF.

La francophonie dans le monde ©fr.wikipedia.org

 

La Suisse s'insère dans plusieurs programmes internationaux ayant trait à la Francophonie. La Conférence universitaire de Suisse occidentale (CUSO), et donc de facto toutes les universités de Suisse romande, fait partie de l'Agence universitaire francophone (AUF). Parmi les contributions de la CUSO, citons la Banque de données lexicographiques panfrancophone à laquelle a collaboré le Centre de dialectologie de l'Université de Neuchâtel. La Suisse participe également, aux côtés de la Belgique, du Canada et de la France, à la chaîne de télévision TV5 monde. 

Le phénomène francophone en Suisse

L'affirmation d'un champ littéraire romand voit le jour dans la seconde moitié du XIXe siècle. Ce mouvement, bien structuré, est alors marqué par un souci d'affirmation de valeurs morales et d'authenticité; il défend une littérature romande comme composante d'une culture suisse. 

Au cours des années 1950, les associations pour promouvoir une culture française essaiment également en Suisse. A des associations inspirées par les thèses de Charles Maurras, comme Ethnie française, s'ajoute l'organisation fondée au Québec Union culturelle française, qui est soutenue par des écrivains comme Gonzague de Reynold et Maurice Zermatten.

A partir des années 1960, on assiste à un renouvellement de la francophonie qui coïncide, en Suisse, avec une profonde remise en question identitaire. Le mouvement des décolonisations d'une part et les mouvements séparatistes québécois et jurassien d'autre part ébranlent la diplomatie helvétique, coupée d'un champ culturel romand en mutation. 

Indications documentaires:

  • Gilles Revaz, La Suisse et la Francophonie, CIDEF-AFI, Québec, 2003
  • Alain Clavien, Les Helvétistes. Intellectuels et politique en Suisse romande au début du siècle, Lausanne, Société d'histoire de la Suisse Romande & Editions d'En Bas, 1993
  • La librairie francophone, chaque semaine organisée par les Radios francophones publiques

Organisation internationale de la Francophonie
Les partenaires






Domaine Histoire des sociétés modernes et contemporaines  -   Av. Europe 20    -   1700 Fribourg   -  Tel +41 26 / 300 7931    -   Fax +41 26 / 300 9761    -  
claude.hauser [at] unifr.ch   -   Swiss University