Page d'accueil

Actualités

Présentation

Extraits sonores

Revue de presse

Albums de photos

Historique

Les artistes

Pour les choristes

Services

Liens

Contacts

  

 

La Liberté. mardi 8 avril 2003.
Cent ans les séparent,
Pascal Mayer les réunit

CRITIQUE • Dimanche soir, le Choeur de chambre de l'Université de Fribourg, dirigé par Pascal Mayer, a fait vivre avec bonheur Schütz et Bach.

Cent ans séparent la naissance de Bach de celle de Schütz. Dirigé par Pascal Mayer, le Choeur de chambre de l'Université de Fribourg a permis de mesurer le chemin parcouru. Cela s'est passé dimanche après-midi, lors d'une heure musicale dédiée à la musique sacrée. Et pour ces compositeurs, quel écrin que l'église des Capucins de Fribourg! Malgré le beau temps, les auditeurs sont venus en nombre. Certains se tenaient même debout au fond de la nef, faute de place sur les bancs.

VISER LA COMPRÉHENSION

«Schütz vise la compréhension du texte», explique Pascal Mayer, en préambule, à propos de la Passion selon Saint-Jean chantée en ouverture de concert. De bout en bout, les interprètes sont fidèles à cette volonté. Les choristes déroulent les harmonies de l'introït avec lenteur et clarté. Les voix, où dominent les soprani, sont fusionnées et restent rondes dans l'aigu.
Puis intervient l'évangéliste, campé par un David Augustin Sansonnens psalmiste qui mène avec sobriété le récit de la passion. Lui répond Michel Kuhn, Christ à la voix riche, joué tout en sérénité, et un Pi-ate interprété par Andreas Meier. Le choeur se fait dramatique dans des interventions où il réclame, d'un ton sans réplique, la crucifixion du Seigneur.

La gestion habile des silences, tant par l'évangéliste que par l'ensemble (long silence, si pertinent, entre la mort du Christ, dont Michel Kuhn peint avec sensibilité les dernières douleurs, et le choeur final), parachève la rhétorique de cette version.

LE SOIN DU PHRASÉ

Jesu meine Freude, motet de Jean-Sébastien Bach, reste une pièce difficile d'accès. Le Choeur de chambre la sert de façon convaincante, au-delà de quelques aigus périlleux pour les soprani. Ce qui domine sa version, c'est le soin donné aux phrases musicales. Les finales sont bien posées, dès le choral initial. Dans Trotz des altten Drachens, les basses réservent des vocalises vigoureuses et distinctes. Dans Gute Nacht, les ténors se font précieux dans un contexte quasi désincarné. Le choral final est interprété forte, proche de la saturation. Mais l'accord final, longuement tenu, vient conclure la pièce avec un lumineux optimisme.

DANIEL FATTORE

retour