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Cent
ans séparent la naissance
de Bach de celle de Schütz.
Dirigé par Pascal Mayer,
le Choeur de chambre de
l'Université de Fribourg a
permis de mesurer le chemin
parcouru. Cela s'est passé
dimanche après-midi, lors
d'une heure musicale
dédiée à la
musique sacrée. Et pour
ces compositeurs, quel
écrin que l'église
des Capucins de Fribourg!
Malgré le beau temps, les
auditeurs sont venus en nombre.
Certains se tenaient même
debout au fond de la nef, faute
de place sur les bancs.
VISER LA
COMPRÉHENSION
«Schütz
vise la compréhension du
texte», explique Pascal
Mayer, en préambule,
à propos de la Passion
selon Saint-Jean
chantée en ouverture de
concert. De bout en bout, les
interprètes sont
fidèles à cette
volonté. Les choristes
déroulent les harmonies de
l'introït avec lenteur et
clarté. Les voix,
où dominent les soprani,
sont fusionnées et restent
rondes dans l'aigu.
Puis intervient
l'évangéliste,
campé par un David
Augustin Sansonnens psalmiste qui
mène avec
sobriété le
récit de la passion. Lui
répond Michel Kuhn, Christ
à la voix riche,
joué tout en
sérénité, et
un Pi-ate
interprété par
Andreas Meier. Le choeur se fait
dramatique dans des interventions
où il réclame, d'un
ton sans réplique, la
crucifixion du Seigneur.
La gestion habile des silences,
tant par
l'évangéliste que
par l'ensemble (long silence, si
pertinent, entre la mort du
Christ, dont Michel Kuhn peint
avec sensibilité les
dernières douleurs, et le
choeur final), parachève
la rhétorique de cette
version.
LE SOIN DU
PHRASÉ
Jesu
meine Freude, motet de
Jean-Sébastien Bach, reste
une pièce difficile
d'accès. Le Choeur de
chambre la sert de façon
convaincante, au-delà de
quelques aigus périlleux
pour les soprani. Ce qui domine
sa version, c'est le soin
donné aux phrases
musicales. Les finales sont bien
posées, dès le
choral initial. Dans Trotz des
altten Drachens, les basses
réservent des vocalises
vigoureuses et distinctes. Dans
Gute Nacht, les
ténors se font
précieux dans un contexte
quasi
désincarné. Le
choral final est
interprété
forte, proche de la
saturation. Mais l'accord final,
longuement tenu, vient conclure
la pièce avec un lumineux
optimisme.
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