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La Liberté - mardi 12 mars 2002

Répertoire français et inédit
pour chœur et piano

CRITIQUE Dirigé par Pascal Mayer, le Chœur de chambre de l'Université, avec les pianistes François Margot et Jean-Claude Charrez, ont offert dimanche à Fribourg des œuvres de Berlioz, Chabrier, Faure, Schmitt et Boulanger.

PHILIPPE MOTTET-RIO

Voilà un concert bien intéressant: le Chœur de chambre de l'Université dirigé par Pascal Mayer et les pianistes François Margot et Jean-Claude Charrez ont offert aux Jeunesse musicales de Fribourg, dimanche, à l'aula de l'Uni, un programme inédit rassemblant des œuvres pour chœur et piano de compositeurs français, Hector Berlioz, Emmanuel Chabrier, Gabriel Fauré, Florent Schmitt et Lili Boulanger.

Un répertoire auquel n'importe quel chœur n'a pas accès, car ces compositeurs classiques prennent souvent pour référence les tessitures de voix travaillées. Le Chœur de chambre de l'Université cependant s'y montre à l'aise. Dans chaque registre il y a des voix dont la largeur, le volume et l'empan permettent d'aborder les pièces les plus difficiles.

AMBIANCE INQUIÉTANTE

L'ambiance des deux premières pièces, le Ballet des ombres et La mort d'Ophélie d'Hector Berlioz, est bien inquiétante, déchirée par les fréquents éclairs de brefs crescendos, que souligne le pianiste. Les voix de femmes donnent à La mort d'Ophélie un caractère presque vénéneux, l'équivalent choral d'une scène fantastique de Gustave Moreau. Le ton est donné, le concert ne sera ni rose, ni bonbon.

La redécouverte de Six chansons à quatre voix de Florent Schmitt nous confronte à une musique aux enchevêtrements compliqués. Le pianiste François Margot, très assuré, joue en préambule deux valses à l'harmonie imprévisible, dont les grands mouvements contraires laissent inquiet.

Puis le chœur et les deux pianistes présentent les mélodies sévères et les contrastes saisissants de six pièces impressionnantes dont les plus rapides et les plus martiales sont les plus réussies. On apprécie l'intensité et la sourde violence de cette musique qui n'est pas là pour séduire.

© Photo VINCENT MURITH

N'importe quel chœur n'a pas accès au répertoire
proposé dimanche par le
Chœur de chambre de
l'Université de Fribourg
. Mais la phalange de
Pascal Mayer s'y est montrée à l'aise.

LE CHANT DES SIRÈNES

Toutes les découvertes de ce concert ne sont pas inestimables. Le Madrigal de Fauré avait peut-être été oublié avec quelque raison, fruit d'une inspiration exsangue dont les mornes idées passent sans frisson d'un registre à l'autre.

Mais voilà soudain une merveille, Les Sirènes de Lili Boulanger, pour chœur de dames. Les entrelacs subtils des trois registres féminins et les mouvements ondoyants des deux pianistes évoquent d'innocents jeux d'eau. Quelques triolets épars et charmants provoquent ici ou là de jolis reflets.

Et puis la voix d'une sirène s'élève, elle a le timbre velouté et attirant de la mezzo Sylvie Bendova. Voudrait-elle nous entraîner sous la mer qu'on la suivrait sans regret...

PhM

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