MUSIQUE FRANÇAISE
RETROUVEE POUR CHUR ET
PIANO
Génies
français ravivés -
de Berlioz à
Boulanger
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Direction: Pascal MAYER. Pianistes:
François
MARGOT et Jean-Claude
CHARREZ.
Solistes : Suzanne
CHAPPUIS, soprano, Sylvie
BENDOVA, mezzo-soprano, David-Augustin
SANSONNENS, ténor.
Le Chur de Chambre de
l'Université de Fribourg (CCUF) se
voue d'abord à la musique
romantique et du XXe siècle,
jusqu'à nos jours. Conduit par
Pascal Mayer, il donne des
créations et cultive un
répertoire sortant des chemins
battus. C'est encore le cas avec une
redécouverte d'uvres
françaises oubliées pour
chur et piano qui retrouvent toute
leur séduction en cette aube du
XXIe siècle.
Dans une formation mixte de cinquante
chanteurs et en chur de dames, le
CCUF affiche trois compositeurs
célèbres: Berlioz, Chabrier
et Fauré, et deux injustement
méconnus: Florent Schmitt et Lili
Boulanger. Autant de curiosités
colorées, parmi les pages
françaises les plus attrayantes des
XIXe et XXe siècles. Le Chur
de Chambre s'apprête à les
enregistrer pour un
nouveau CD.
AU PROGRAMME
D'Hector Berlioz (1803-1869) on
connaît universellement les
uvres monumentales: Symphonie
fantastique et Requiem.
Maître incontesté du
romantisme français,
mélodiste coloré,
précurseur rythmique et harmonique,
Berlioz a produit des pages de moindre
ampleur mais de semblable veine. Ce
génie opère dans la
«ronde nocturne intitulée
Ballet des ombres,
ainsi que dans La mort
d'Ophélie pour
chur de femmes où Berlioz
magnifie extraordinairement le
poème inspiré du
Hamlet de Shakespeare.
D'Emmanuel Chabrier (1841-1894),
autre grand coloriste de la musique
française qui a influencé
Ravel et le groupe des Six, les dames du
CCUF chantent l'Ode à la
musique. Cette cantate de neuf
minutes est donnée telle qu'elle
fut créée en 1890, avec
piano. Chabrier en fit ensuite une version
orchestrale. L'uvre connut un temps
de purgatoire, les critiques lui
reprochant quelque mièvrerie. Et
voici que nous parlent à
présent ses chatoiements subtils,
sur d'amples lignes porteuses de ferveur.
Parlant de sa «pauvre chère
musique», Chabrier ajoutait: «Je
t'aime tant pourtant, et je crois bien que
j'en crèverai».
Paralysé, il vivait ses ultimes
années.
La vive sensualité de Gabriel
Fauré (1845-1924),
teintée de mélancolie, anime
son Madrigal pour
chur mixte et piano: «Sachez,
ô cruelles beautés, que les
jours d'aimer sont
comptés».
Florent Schmitt (1870-1958) fut
l'élève de Fauré. On
connaît peu ce Lorrain, prix de Rome
1900. Profondément originale, sa
musique use d'harmonies foisonnantes et de
rythmes qui annoncent Stravinski. De
Schmitt, le pianiste François
Margot joue deux
Valses-nocturnes op.
31, no 2 et 3. Et le Chur de Chambre
chante les six Chansons à
quatre voix, délicates
peintures harmoniques avec accompagnement
de piano à quatre mains. Avec
Schmitt particulièrement, le propos
de Pascal Mayer prend tout son sens:
redécouverte d'une des musiques les
plus parfaites du XXe siècle.
Redécouverte encore avec Lili
Boulanger (1893-1918). Emportée
par une maladie pulmonaire à 24
ans, cette parisienne exceptionnellement
douée produisit pourtant sa musique
pendant deux grands lustres. Elle a 14 ans
lorsqu'elle écrit ses premiers
opus. En 1913, à 20 ans, elle est
la première femme à recevoir
le prix de Rome. Grâce
colorée, lyrisme ailé,
subtilité et force claire, Lili
Boulanger exulte dans Les
sirènes pour voix de
femmes,
Renouveau et
Hymne au soleil pour
chur mixte et piano.
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2002
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