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«La
Liberté», mardi 22 novembre 2005
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CRITIQUE DE DANIEL
FATTORE
"Le Roi David", ou le parti pris du
spectacle
PAYERNE · Le Choeur de
Chambre de l'Uni de Fribourg peint un Roi David
dramatique.
Quelques rythmes
bien placés à l'orchestre. Quelques
couleurs orientales. Il n'en faut pas plus pour
transporter en Orient le public qui remplissait
à moitié l'abbatiale de Payerne,
dimanche soir. Dès les premières
mesures du «Roi David» d'Arthur Honegger,
le chef Pascal Mayer plante le décor qui
servira tout le temps d'une interprétation
qui fait la part belle au théâtre.
Face à Pascal Mayer,le narrateur Eörs
Kisfaludy intervient avec pertinence pour raconter
une histoire. Le texte de René Morax lui
colle à la peau. Tantôt sobre,
tantôt jubilatoire, dramatique ou poignant
à l'occasion, il confère un fil rouge
à la musique, sans jamais tomber dans
l'excès.
D'un paroxysme
à l'autre
«Loué soit le Seigneur plein de
gloire», lance le Chœur de chambre de
l'Université de Fribourg en guise de
première phrase musicale. Les auditeurs
découvrent un ensemble massif, voire
imposant dans ses forte. La diction souffre de
quelques flous; les hommes du chœur auraient
parfois gagné à davantage de
précision. Plutôt que ces limites,
cependant, les mélomanes auront
apprécié l'élan de l'ensemble,
eî goûté toute la finesse et la
souplesse d'une «Mort de David» sereine
et apaisée, savamment amenée par la
jeune soprano Joëlle Delley.
Une Joëlle Delley qui joue également le
jeu du spectacle tout au long de l'oratorio. Elle
constitue avec Simone Chevalley un duo de solistes
tout de complémentarité, et brille en
particulier dans le psaume «Ah, si j'avais des
ailes de colombe», paroxystique par
moments.
Paroxysme? Un des moments forts de
l'interprétation de dimanche a certainement
été l'incantation de la pytho-nisse,
interprétée de manière
flamboyante par Yvette Théraulaz.
Soulignée par l'orchestre, sa scansion
confine à la transe
échevelée.
De son côté, le ténor Christoph
Einhorn sait jouer l'apaisement. Dans le psaume
«Pitié de moi, mon Dieu,
pitié!», il fait montre d'aisance dans
son registre grave, riche et sonore.
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