Département de Médecine, Unité d'Anatomie; Université de Fribourg;
M. Adé-Damilano; 2005-2006



L'appareil juxtaglomérulaire



Introduction


L'appareil juxtaglomérulaire est une petite structure endocrine situé au pôle vasculaire du corpuscule rénal.
C'est une région spécialisée de l'artériole afférente et du tube droit distal, constitué de trois composantes:

  • la macula densa de la portion terminale du tube droit distal.
    Il s'agit d'une région cellulaire (15 à 40 cellules), face à l'artériole afférente, qui se différencie du reste de la paroi du tube droit distal. Ces cellules sont prismatiques (plus hautes et plus étroites) et ont un noyau arrondi ou ovale situé au pôle apical. L'appareil de Golgi se trouve en position basale sous le noyau et l'espace intercellulaire est très large. Il n'y a pas d'interdigitation sur les faces latérales.

  • les cellules mésangiales extraglomérulaires dites cellules du lacis
    Elles remplissent l'apex entre l'artériole afférente et l'artériole efférente et forment une masse conique dont la base repose sur la macula densa.

  • les cellules juxtaglomérulaires ou «cellules granuleuses»
    Ce sont des cellules musculaires lisses spécialisées de la média dans la partie terminale de l'artériole afférente. Ces cellules plus ou moins cubiques ont des propriétés contractiles. Elles ont aussi une fonction sécrétrice endocrine. Elles contiennent des granulations (grain de rénine). Ces cellules jouent un rôle de barorécepteur, c'est à dire qu'elles sont sensibles à la pression sanguine. Les cellules juxtaglomérulaires sont innervées uniquement par des fibres sympathiques (pas d'innervation parasympathique). La sécrétion de rénine augmente lors de libération par les fibres adrénergiques de norépinéphrine et dopamine induisant une vasoconstriction des artérioles efférentes.

Appareil juxtaglomérulaire
Macula densa
Cellules du lacis + cellules juxtaglomérulaires Act.








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tube droit distal
macula densa
artériole afférente
artériole efférente
cellules musculaires de la paroi
de l'artériole
endothélium
cellules juxtaglomérulaires
capillaires glomérulaires
cellules mésangiales
capsule de Bowman
feuillet pariétal
capsule de Bowman
feuillet viscéral
tube contourné proximal




La fonction endocrine du rein


La rénine joue un rôle important dans la régulation de la pression sanguine systémique. Elle est sécrétée par les cellules granuleuses de l'appareil juxtaglomérulaire (la macula densa est sensible à la concentration de NaCl, si cette concentration ou si la pression sanguine diminue il y aura libération de rénine).
Une fois secrétée par l'appareil juxtaglomérulaire, la rénine diffuse dans le courant sanguin et catalyse l'angiotensinogène (a2 globuline) sécrétée par le foie en angiotensine I (un décapeptide).
Dans les poumons une enzyme de conversion supprime deux acides aminés de l'angiotensine I pour former l'angiotensine II, un puissant vasoconstricteur.
L'angiotensine II est responsable de l'augmentation de la pression sanguine via trois mécanismes dont l'ensemble constitue le système rénine-angiotensine-aldostérone:

  • action directe favorisant la reprise d'ions sodium et donc d'eau
  • vasoconstriction au niveau des vaisseaux périphériques
  • augmentation de la sécrétion d'aldostérone qui, par la réabsorption de NA+ (suivie d'eau) au niveau des segments d'unions et des tubes collecteurs, augmente le volume plasmique donc la pression sanguine

L'érythropoïétine est une glycoprotéine jouant un rôle important dans la différenciation et la prolifération des globules rouges (érythrocytes) par la moelle osseuse hématogène. Elle est à 85% d'origine rénale et à 15% d'origine hépatique. L'érythropoïétine serait produite par certaines cellules péritubulaires spécialisées (fibrobastes interstitiels) en réponse à la baisse de tension en oxygène dans le rein. Les données de la biologie moléculaire indiquent en effet la présence de l'ARNm de l'érythropoïétine dans certaines cellules des tubes corticaux et dans des cellules interstitielles (fibroblastes).

Les prostaglandines rénales jouent un rôle important dans l'adaptation de la microcirculation rénale en cas d'hypovolémie et dans l'excrétion rénale du sodium.

Le rein assure également la régulation hormonale du métabolisme phosphocalcique en assurant la formation de 1,25 dihydroxycholécalciférol. En effet, la transformation de la vitamine D3 inactive, en 25-OH cholécalciférol dans le foie, puis en 1,25 di-hydroxycholécalciférol actif dans le rein, nécessite la présence d'une hydrolase (enzyme) présente exclusivement au niveau des cellules tubulaires proximales.